Mitos y Leyendas/Des dieux romains au christianisme, l'évolution de la religion romaine
Des dieux romains au christianisme, l'évolution de la religion romaine

Des dieux romains au christianisme, l'évolution de la religion romaine

Nota Bene18 min26 feb 2024
6 capitulos
  • Les fondations de la religion romaine(0'004'10)
    La civilisation romaine hérite des Indo-Européens, une population ancienne dont l'héritage se retrouve dans les langues et cultures indienne, perse, grecque, celtique, germanique et latine. Selon l'historien Georges Dumézil, ces peuples distinguaient trois fonctions : le sacré, la guerre et la production.
    • Jupiter : dieu du Ciel, roi des dieux, fonction sacrée associée à la souveraineté • Mars : dieu de la Guerre • Quirinus : dieu des citoyens et de la société civile, fonction de production
    La ville de Rome est un espace sacré appelé 'templum'. Les Étrusques délimitent cet espace avant la construction de bâtiments par un tracé au sol appelé 'pomerium', institué lors d'un rite officiel lors de la fondation de Rome par Romulus.
    • Tout ce qui est lié à l'hostilité, la destruction ou la mort ne peut être à l'intérieur • Les tombes sont toujours installées à l'extérieur • Les armées ne peuvent pas franchir la limite, sauf lors des triomphes • Les lieux de cultes dédiés à Mars ou à la mort doivent être bâtis à l'extérieur
  • L'influence étrusque et les triades successives(4'105'49)
    De 616 à 509 avant notre ère, Rome est dirigée par des rois étrusques qui apportent des transformations religieuses majeures. Les Étrusques, influencés par les Grecs, transforment la religion romaine avec l'introduction de la triade capitoline.
    • Jupiter Optimus Maximus : Jupiter devient 'le très bienfaisant et très grand' • Junon : première fois qu'un dieu forme un couple • Minerve : équivalent d'Athéna, déesse de la sagesse et de la fécondité
    Les Plébéiens, considerés comme des citoyens de seconde zone, adoptent une troisième triade en signe de protestation : Cérès, Liber et Libera, symbolisant les moissons, les vendanges et la fécondité de la nature.
    À la fin du 6e siècle avant notre ère, apparaissent à Rome les livres sibyllins, des oracles consulté en dernier recours pour déterminer les décisions lors de graves dangers encourus par la cité.
  • L'hellénisation de la religion romaine(5'499'17)
    Depuis le 8e siècle avant notre ère, les Grecs sont très présents en Italie, si présents qu'on surnomme le sud du pays 'la Grande Grèce'. Des siècles de voisinage et d'échanges commerciaux ont une influence considérable sur la culture et la religion romaine.
    • Jupiter pour Zeus • Junon pour Héra • Mercure pour Hermès • Neptune pour Poséidon • Neptune est promu de dieu des cours d'eau à dieu des mers et des chevaux
    Des divinités grecques complètement inconnues arrivent en Italie : Hercule-Héraklès, Castor et Pollux, Bacchus-Dionysos, et Apollon médecin suite à une épidémie en 431 avant notre ère. En 293 avant notre ère, on ramène la statue d'Esculape-Asclépios du sanctuaire d'Épidaure.
    En 186 avant notre ère, les Bacchanales liées au culte de Bacchus-Dionysos provoquent des scènes de débauche scandaleuses. À Rome et dans le sud de l'Italie, 6 000 personnes sont emprisonnées et certaines femmes condamnées à mort. Le culte de Bacchus finit par s'implanter sous une forme plus modérée.
  • Le culte impérial et la consolidation(9'1711'21)
    En 27 avant notre ère, Octave devient 'princeps' et Grand Pontife. Le Sénat l'appelle 'Auguste', un nom proche des Augures soulignant son caractère sacré. Auguste cherche à restaurer la 'pietas', la piété, en insistant sur le respect des rites destinés aux dieux.
    Auguste met en route un culte voué à son père adoptif Jules César, initiant le fameux culte impérial qui divinise les empereurs défunts. Ce culte se mettra en place à la mort d'Auguste avec deux avantages : renforcer le pouvoir impérial et créer un culte commun à tout l'Empire romain.
    Le culte impérial permet de romaniser progressivement toutes les populations conquises. Là où chaque région lointaine n'avait que ses propres dieux, les Romains créent un culte unifiant l'Empire, décrit comme 'un coup de génie'.
    • Les Romains pratiquent l''interpretatio' : assimilation des divinités étrangères aux leurs • Les peuples indigènes font l'inverse • Epona, divinité gauloise des chevaux, devient très populaire dans l'armée • Mithra, divinité solaire orientale, est adoptée rapidement par les légionnaires
  • Les cultes orientaux et la crise du 3e siècle(11'2115'48)
    Au 3e siècle, sous la dynastie des Sévères venues d'Orient, on assiste à une poussée des cultes orientaux. Cybèle connaît un renouveau, tout comme la déesse égyptienne Isis et le dieu gréco-égyptien Sérapis, que l'empereur Caracalla aime particulièrement.
    En 218, l'empereur syrien Héliogabale, grand prêtre d'Elagabal, tente de fusionner tous les cultes. Il fait construire un temple à Elagabal sur le Palatin avec la bétyle, y adjoignant les emblèmes de la religion romaine traditionnelle : le feu de Vesta, les boucliers saliens, la pierre noire de Cybèle, et même les cultes des juifs et chrétiens.
    Le 3e siècle voit de nombreux combats internes entre empereurs et usurpateurs, ainsi que des incursions barbares : les Francs et Alamans pillent la Gaule en 276, et les Perses Sassanides sont menaçants à l'est. Une forte inquiétude et xénophobie apparaissent, les chrétiens et manichéens étant accusés de liens avec des puissances rivales.
    Les religions classiques centrées sur les rituels publics attirent de moins en moins. Les religions du salut individuel rencontrent du succès : Sol Invictus, Mithra, Jésus, Cybèle apportent une introspection et un rapport privilégié à la divinité, inexistant dans les pratiques traditionnelles.
  • L'ascension du christianisme et le déclin du paganisme(15'4818'09)
    Le christianisme tire son épingle du jeu en séduisant les élites, particulièrement l'empereur Constantin au début du 4e siècle. Constantin tolère officiellement cette religion par l'édit de Milan en 313, puis se convertit sur son lit de mort en 337. En 325, les chrétiens organisent un grand concile à Nicée.
    Les empereurs suivants marchent dans les pas de Constantin, mais les pratiquants de l'ancienne religion restent présents. L'empereur Julien l'Apostat tente de restaurer le culte païen, mais ses efforts ne survivent pas à sa mort prématurée en 363 lors d'une expédition contre les Perses Sassanides.
    En 380, l'édit de Théodose fait du christianisme nicéen la religion officielle de l'Empire romain. Devant le droit, tous les cultes païens aux anciens dieux Jupiter, Vénus, Mars et autres sont interdits.
    L'interdiction ne signifie pas la disparition. Les cultes païens survivent surtout dans les campagnes, d'où vient le latin 'paganus' qui désigne le paysan, donnant le mot 'païen'. Dans certaines régions reculées, les rites antiques restent pratiqués parfois jusqu'au 10e siècle.