Expediciones y nuevo mundo/La plus grande révolte d’esclaves de l’Histoire du Brésil
La plus grande révolte d’esclaves de l’Histoire du Brésil

La plus grande révolte d’esclaves de l’Histoire du Brésil

Nota Bene21 min5 may 2025
13 capitulos
  • Les origines de l'esclavage et du contexte angolais(1'062'32)
    L'esclavage est l'une des plus vieilles pratiques humaines, apparu dès le Néolithique comme l'écriture.
    • Au 15e siècle, le Portugal agrandit son empire colonial en Afrique de l'Ouest et en Angola • La région connaît une grande violence avec des affrontements entre royaumes africains et Portugais • La population masculine est formée à la guerre pour se défendre contre les invasions
    Les habitants d'Angola inventent le kilombo, un campement militaire de résistants en alerte permanente.
    Les perdants des guerres sont réduits en esclavage et vendus ou offerts en tribut aux Portugais, notamment pour les colonies portugaises.
  • La colonisation du Brésil et l'augmentation du trafic d'esclaves(2'324'05)
    En 1494, le traité de Tordesillas divise les nouvelles terres entre l'Espagne et le Portugal. Le Brésil, découvert en 1500, est attribué au Portugal et tombe sous sa domination en 1522.
    Au 16e siècle, les colons rencontrent les Tupi et les Tapuya qui deviennent les premiers esclaves du Brésil.
    Le développement exponentiel de la culture de canne à sucre dans le Nord-Est crée une demande massive de main-d'œuvre.
    • À partir de 1550, les esclaves autochtones sont remplacés par des esclaves noirs venus d'Angola et d'Afrique de l'Ouest • Jusqu'à l'abolition en 1888, environ 5 millions d'esclaves africains ont été déportés au Brésil • Beaucoup de ces esclaves sont d'anciens guerriers et prisonniers de guerre formés aux armes et à la guérilla
  • Le marronnage et la formation des quilombos(4'056'13)
    • Le petit marronnage : esclaves en fuite qui errent quelques temps avant de revenir • Le grand marronnage : esclaves qui fondent des communautés autonomes en dehors des colonies
    Les communautés autonomes au Brésil prennent le nom de quilombos, hérité du termo angolais. Leurs habitants sont appelés quilombolas.
    • La première mention d'un quilombo en Amérique date de 1575 en Bahia • Des centaines de quilombos se forment aux 17e et 18e siècles, surtout en Minas Gerais et Bahia • La plupart durent seulement quelques mois ou années avec quelques dizaines ou centaines d'habitants
    Les propriétaires terriens et autorités portugaises exagèrent le phénomène pour faire peur et justifier les expéditions d'anéantissement des quilombos.
  • L'organisation économique et militaire des quilombos(6'138'48)
    • Les quilombolas développent l'agriculture, la chasse, la pêche et l'artisanat • Ils récupèrent des ressources naturelles comme le minerai et les pierres précieuses • Ils commercent avec les autochtones, les esclaves des plantations et les marchands ambulants • Ces échanges leur permettent de se procurer des armes à feu
    Les quilombos se placent en périphérie des villes plutôt que de se cacher au fond des jungles. Ils fondent même des bases annexes avancées proches de leurs adversaires et utilisent les esclaves urbains comme informateurs.
    • Les camps sont situés en lieux quasi inaccessibles, entourés de marais, montagnes ou jungles • Des douves et fortifications en bois entourent les quilombos, parfois sur deux lignes • Les entrées sont cachées et certaines mènent à des fosses remplies de piques
    • Les défenseurs utilisent des lances, arcs, armes à feu, couteaux et épées forgées localement • Des sorties secrètes permettent la fuite en cas d'attaque trop importante • La retraite est une stratégie fréquemment utilisée, les quilombolas pouvant se réfugier dans d'autres quilombos ou en former de nouveaux
  • La naissance et l'expansion du quilombo de Palmares(8'4810'34)
    Les quilombos de Palmares se forment entre 1597 et 1605 au Pernambouc, entre 30 et 100 km à l'intérieur des terres. Le nom Palmares provient du grand nombre de palmiers de la région, très utiles pour fournir huile et vin de palme.
    • Formé probablement par des esclaves venus d'Angola • Dès le début du 17e siècle, plusieurs milliers d'habitants y affluent • Les estimations les plus hautes parlent de 20 000 habitants, soit un tiers des Africains en 1650
    • Après une fondation d'influence ouest-africaine, Palmares connaît une longue évolution complexe d'au moins un siècle • La société se métisse progressivement par les échanges marchands et les évasions • On y trouve des traces d'autochtones amérindiens et même de Portugais • Un syncrétisme religieux se développe, mélangeant croyances chrétiennes et animistes
    Dans les années 1700, la plupart des habitants sont nés sur place et n'ont jamais connu la captivité, très différent du Palmares des origines.
  • La structure sociale et politique de Palmares(10'3412'38)
    • Palmares compte très peu de femmes, ce qui entraîne une faible natalité • Les quilombolas kidnappent des femmes autochtones et portugaises pour remédier au problème de reproduction • Les femmes autochtones servent à la reproduction, les portugaises sont rançonnées • Les quilombolas capturent des esclaves qui restent captifs dans Palmares, mais peuvent se libérer en capturant d'autres esclaves pour prendre leur place
    À cause du manque de sources, l'organisation politique de Palmares reste un point fort de débat entre historiens. Palmares a aussi été récupéré par de nombreux courants politiques.
    • Plusieurs générations de dirigeants se succèdent à Palmares • Les sources citent des rois, reines et princes, parlent aussi de république • L'organisation ressemble plutôt à celle d'un État avec des chefs de guerre
    • Traces de centralisation du pouvoir sous un chef principal • Diffusion du pouvoir dans des assemblées locales au sein de chaque quilombo • Formation d'une confédération de communautés à la fois autonomes et solidaires
  • L'oligarchie de Ganga Zumba et l'organisation administrative(12'3813'20)
    Une oligarchie émerge dans les années 1670 avec l'arrivée de Ganga Zumba, le premier chef cité par les colons. Il est entouré de sa famille et de proches placés à la tête de chaque quilombo.
    Ganga Zumba dirige depuis Macaco, la capitale du quilombo de Palmares.
    • Macaco : la capitale administrative et politique • Certains quilombos : camps d'entraînement militaire • Autres : entrepôts commerciaux ou agricoles • Camps isolés : bases de refuge militaire en cas d'expédition ennemie
    L'existence de plusieurs quilombos avec des fonctions spécifiques offre un avantage militaire crucial, permettant la retraite et le refuge de toute la population en cas d'attaque.
  • Les premières expéditions contre Palmares(13'2015'00)
    • Des dizaines et des dizaines d'assauts sont lancés dès la fondation des quilombos pendant plus d'un siècle • Au début du 17e siècle, des guerriers autochtones sont envoyés pour raser Palmares mais ne reviennent qu'avec une poignée d'esclaves
    Ces premières victoires font la réputation de Palmares et son aura attire de nouveaux esclaves, le rendant assez puissant pour menacer les propriétaires terriens et même les taxer sous peine d'attaques.
    Le gouverneur du Pernambouc organise une expédition personnelle. Un rapport révèle que Palmares est déjà composé d'au moins une dizaine de quilombos principaux et de nombreux petits, mais l'expédition échoue.
    • Dans les années 1630, les Néerlandais envahissent le Pernambouc portugais pour plus de 20 ans • Ce conflit sème le chaos et permet à de nombreux esclaves de rejoindre Palmares • Les Néerlandais lancent leurs propres expéditions mais reviennent presque bredouilles
  • L'apogée de Palmares et la consolidation des quilombos(15'0015'57)
    • Après 30 ans de guerres, ne subsistent plus que le Vieux Palmares et le Grand Palmares • Ces deux énormes quilombos principaux ont englobé tous les autres • Les journaux d'expédition estiment entre 6 000 et 10 000 quilombolas dans ces deux villages principaux
    À partir de 1654, quand les Portugais reprennent le Pernambouc, la situation politique se stabilise. Les évasions deviennent plus rares mais les expéditions punitives restent sans succès.
    Doucement mais sûrement, Palmares grandit et atteint son apogée jusqu'en 1677.
    Un quilombo reste avant tout un camp militaire et la défense reste l'essentiel de son organisation, même si des pillages et attaques ciblées sont menés contre les individus.
  • Le tournant de 1677 et le traité de paix(15'5717'05)
    En 1677, le capitaine portugais Fernao Carilho affronte directement pour la première fois les quilombolas en bataille rangée. Il parvient à blesser Ganga Zumba et se vante d'être le premier à porter un vrai coup dur à Palmares.
    En 1678, un an après cette bataille, les autorités coloniales proposent un traité de paix à Palmares. C'est la première et unique fois que les autorités portugaises reconnaissent officiellement l'existence d'une autorité, d'un État Noir à Palmares.
    • Ganga Zumba reçoit des terres à lui plus loin dans le pays • Toute personne née à Palmares deviendra libre et sujet de la couronne portugaise • Seuls les esclaves reconnus en fuite seront rendus à leurs anciens maîtres
    Le traité reconnaît la vulnérabilité de Palmares mais aussi son existence en tant qu'entité politique autonome, une concession majeure des autorités portugaises.
  • La rupture du traité et l'ascension de Zumbi(17'0518'11)
    La paix conclue provoque une grosse dissension au sein de Palmares. Les propriétaires terriens refusent de laisser de bonnes terres à leurs ennemis, tandis qu'une partie de l'oligarchie de Palmares veut continuer le combat par solidarité ou vanité.
    La paix ne dure que quelques mois. Des proches du nouveau chef Zumbi assassinent Ganga Zumba pour continuer la résistance.
    Pendant plus d'une quinzaine d'années, Zumbi résiste farouchement aux multiples attaques portugaises. Ces expéditions ont un coût exorbitant, montrant la volonté des Portugais d'en finir à tout prix avec Palmares.
    Zumbi acquiert une telle aura auprès des esclaves qu'on le dit immortel. Il devient le symbole de la résistance contre l'oppression portugaise.
  • La chute de Palmares et la mort de Zumbi(18'1119'18)
    En 1694, le gouverneur envoie Domingo Jorge Velho, un chasseur d'esclaves reconnu pour son efficacité, ce qui signifie qu'il a commis des atrocités envers les autochtones. Il reçoit carte blanche pour éliminer Zumbi et tous les quilombolas sans exception.
    Après de très longs combats acharnés, Velho assiège le dernier quilombo où s'est réfugié Zumbi. Le siège dure 42 jours avec 6 000 soldats portugais et autochtones armés de fusils et de canons.
    • Les quilombolas sont massacrés et capturés par centaines • Zumbi réussit à s'enfuir sans laisser de trace immédiate • Les combats dans la région continuent encore plusieurs décennies jusqu'en 1736
    Un an après le siège, un ancien lieutenant de Zumbi le trahit et révèle sa planque. Zumbi est tué le 20 novembre 1695. Sa tête est exposée au bout d'une pique sur la place principale de Recife pour prouver sa mort.
  • L'héritage de Palmares et la reconnaissance contemporaine(19'1821'24)
    • Après la mort de Zumbi, les quilombos de Palmares deviennent l'ombre d'eux-mêmes • Les combats continuent plusieurs décennies après la mort de Zumbi jusqu'en 1736 • Désunis, ils ne constituent plus une entité unique mais différentes communautés indépendantes beaucoup moins dangereuses
    Zumbi et Palmares deviennent des figures fortes de la résistance au Brésil, notamment pour l'identité de la population noire descendante des esclaves. De nombreux mouvements politiques s'en sont emparés.
    • 100 ans après l'abolition de l'esclavage, en 1988, la constitution brésilienne reconnaît l'existence de quilombos rémanents • Ce sont des communautés héritières de l'époque coloniale • Leurs habitants obtiennent la citoyenneté brésilienne et la pleine possession de leurs terres
    Le chemin vers la reconnaissance reste long. 2 000 communautés quilombolas ont déjà obtenu la reconnaissance officielle, mais 5 000 communautés l'attendent encore.