La bataille de Verdun

La bataille de Verdun

Nota Bene9 min14 jun 2017
8 capitulos
  • Verdun avant la bataille : position stratégique et fortifications(0'291'06)
    Verdun est une petite ville du nord-est de la France, à seulement 45 km de la frontière allemande depuis l'annexion de l'Alsace et la Moselle en 1871.
    Deux ceintures constituées de nombreux forts sont érigées autour de la ville pour préparer la défense en vue d'un éventuel nouveau conflit avec Berlin.
    Lorsque la guerre éclate, la ville est évacuée et rapidement partiellement encerclée par les allemands.
    Verdun est un symbole chargé d'histoire. De plus, elle est située à proximité du bassin minier lorrain allemand et de ses usines d'obus, site vulnérable que Berlin veut sécuriser.
  • La stabilisation du front et le passage à la guerre de position(1'061'56)
    Les allemands planifient une guerre massive et rapide en France, en passant par la Belgique, pour rejoindre Paris en moins de 2 mois.
    Peu avant l'automne 1914, les français débordent les allemands sur leur flanc gauche à la bataille de la Marne et les repoussent le long de l'Aisne.
    Le front se stabilise du nord à la Suisse, en passant par Reims et Verdun. La guerre de mouvement est terminée et commence alors la guerre de position.
    • Les allemands peuvent maintenant mener une guerre défensive en territoire occupé • Cela permet à l'empire allemand de réallouer certaines forces sur le front russe • Le front maintenu et consolidé donne confiance aux allemands pour 1916
  • La stratégie allemande d'usure et les raisons du choix de Verdun(1'562'59)
    En 1916, l'Allemagne pense que la résolution du conflit passera par la maîtrise du front de l'ouest.
    Les allemands attaquent à répétition les français pour leur faire utiliser matériel et ressources, sabotant ainsi leur économie et leur moral. La guerre sous-marine commence parallèlement, rendant le commerce compliqué pour le Royaume-Uni.
    Pour des raisons liées à la fierté et au moral, les français ne peuvent concéder plus de terrain aux allemands qu'ils ne l'ont déjà fait, cette guerre de position se faisant sur son propre sol.
    • Verdun est très accessible pour les allemands, tandis que les français n'ont qu'une route et une voie ferrée peu pratique • C'est une ville difficile à défendre pour les français mais facilement attaquable pour les allemands • Elle est un symbole chargé d'histoire, et une victoire donnerait aux allemands beaucoup de prestige • Les forts autour de Verdun sont désarmés, ses soldats redispatchés, laissant la ville en position délicate
  • Le début de la bataille : bombardement massif et première offensive(2'594'44)
    Lorsque les français se rendent compte que quelque chose se trame autour de Verdun, il est trop tard. Le Général Joffre, qui prépare l'offensive sur la Somme, ne prête guère attention aux rapports de mobilisation allemande.
    Le matin du 21 février 1916, le déluge d'obus commence : quarante batteries de 800 canons frappent les lignes françaises. Les explosions sont si fortes qu'elles peuvent être perçues à 150 km.
    Dans la fin d'après-midi, l'infanterie allemande s'attaque en masse aux troupes françaises dans le bois des Caures. Alors qu'ils s'attendent à une victoire facile, ils font face à une lourde résistance.
    • Les troupes françaises essuient de lourdes pertes, certains bataillons périssent presque entiers sous la pluie d'obus • Certaines forêts, sous les bombardements, disparaissent complètement • Les allemands avancent quelque peu, leur permettant d'augmenter la portée de leurs canons
  • Renfort français et réorganisation défensive sous Pétain(4'445'59)
    Quelques jours après le début des hostilités, deux divisions sont envoyées en renfort et ralentissent la progression allemande. Cependant, le fort de Douaumont, défendu par une soixantaine de soldats, est pris par les allemands.
    Pour tenir bon à Verdun, la 2e armée y est envoyée avec Pétain à sa tête. Ce dernier, respecté et dont la stratégie a déjà fait ses preuves, réorganise complètement la défense.
    Pétain met en place un système de rotation des soldats pour ménager ses troupes : jamais un soldat ne reste plus de 5 jours en première ligne. Plus de 1.500.000 soldats participent au combat en juillet 1916.
    • La mauvaise route de ravitaillement est transformée en véritable artère appelée 'la voie sacrée' • Des carrières sont ouvertes à proximité, la pierre extraite stabilisant le sol • Des camions y circulent jours et nuits sans jamais s'arrêter • Une voie ferrée est construite en un temps record pour desservir Verdun
  • Tournant de la bataille et reprise des positions françaises(5'597'01)
    En Mai 1916, le Général Pétain cède sa place au Général Nivelle, plus offensif. Bien que Joffre refuse à Pétain les renforts qu'il demande, la défense française tient bon.
    Le 1er juillet, la tant attendue bataille de la Somme a lieu, qui est un terrible échec. Les allemands, qui ont dû prélever des troupes à Verdun pour tenir sur la Somme, tentent alors à Verdun le tout pour le tout sur le fort de Souville, mais en vain.
    Peu après, les troupes coloniales françaises s'attaquent à Douaumont qu'elles finissent par reprendre le 24 octobre, puis au fort de Vaux que les allemands abandonnent une semaine plus tard.
    • La bataille a basculé, et à la fin de l'année 1916, les français ont récupéré les positions perdues depuis le début • Personne n'a gagné de territoire après dix mois de combats • 700.000 hommes ont été victimes • Environ 50 millions d'obus ont été tirés, un bon quart n'ayant pas explosé
  • La vie des Poilus dans les tranchées(7'018'22)
    Les Poilus sont les soldats des tranchées. Le mot ne vient pas des barbes mal rasées, mais signifie quelqu'un de viril, donc de courageux. Le terme était aussi utilisé pour les soldats qui ne combattaient pas en tranchées.
    Toutes les zones du front ne se valent pas : certaines sont assez tranquilles tandis que d'autres, comme dans le nord de la France, sont particulièrement agitées. Cependant, toutes les zones sont exposées aux tirs d'artillerie, aux attaques de gaz, aux tireurs ennemis et parfois aux lance-flammes.
    Contrairement aux idées reçues, la vie dans les tranchées n'était pas permanente : les soldats y venaient une période déterminée, puis repartaient en deuxième ou troisième ligne, en permission ou en entraînement, avant d'y revenir.
    • Les tranchées allemandes sont plus profondes et beaucoup sont renforcées en béton armé • Certaines ont l'eau courante et l'électricité • D'autres sont dotées de cuisine • Les alliés privilégient les tranchées éphémères, correspondant à leur volonté de reconquête
  • Les défis quotidiens et séquelles de la tranchée(8'229'58)
    Les tranchées sont un environnement particulièrement stressant : en plus des bruits, explosions et morts, de nombreux raids sont menés pour capturer des soldats et des documents tactiques. Les britanniques en font une spécialité entre 1915 et 1916.
    À une époque où les antibiotiques n'existent pas, n'importe quelle maladie ou infection devient un problème grave, surtout avec les rats, insectes, morts et excréments à proximité. La gangrène est courante, provoquée par des blessures de guerre ou simplement par le port trop long de bottes mouillées.
    Cette ambiance morose est à l'origine de nombreuses séquelles de guerre, aussi bien physiques que psychologiques, affectant les soldats qui reviennent du front.
    • Pour ceux qui tombent au combat, rares sont les enterrements • Souvent, les corps des soldats ne sont même pas retrouvés • La France choisit symboliquement un soldat à inhumer sous l'Arc-de-Triomphe en 1920 : la tombe du Soldat inconnu • Le corps est choisi à Verdun entre 8 soldats français non-identifiés