Violette Morris, la championne controversée

Violette Morris, la championne controversée

Nota Bene14 min23 mar 2023
6 capitulos
  • L'enfance et les débuts du sport(0'002'34)
    Violette Morris naît en 1893 à Paris dans une famille aisée. Son père est le capitaine de cavalerie Pierre Jacques Morris et sa mère Elisabeth Marie Antoinette Sakaniki, une riche héritière d'origine palestinienne.
    • Découvre le sport au couvent de l'Assomption de Huy durant son adolescence • Pratique le basket, le hockey, la course à pied, l'athlétisme et la natation • Transforme complètement sa condition physique depuis une état de débilité
    À 15 ans, elle est déjà un espoir du sport français. En 1913, elle est la seule femme du championnat de grand fond à la nage de Pontoise et arrive 5e après 8 km. Elle affronte ensuite des boxeurs masculins.
    Se marie le 22 août 1914 avec Cyprien Gouraud, fils d'un fabricant de papier. Trois jours après, il est mobilisé. Elle devient estafette à moto de la Croix-Rouge, puis chauffeur d'ambulances dans la seconde armée de Castelnau en février 1915.
  • L'athlète atypique et pionnière(2'344'54)
    • Porte un complet gilet-veston masculin et fume deux à trois paquets de cigarettes par jour • S'exprime de façon vulgaire et affiche son slogan : 'Ce qu'un homme fait, Violette peut le faire' • Montre publiquement son côté atypique qui choque la société de l'époque
    Entre dans la Fédération en 1917 pour pratiquer le football et l'athlétisme. En 1921, remporte la médaille d'or des lancers de poids et de javelot aux essais des Jeux Olympiques féminins à Monte Carlo. Devient capitaine de l'Olympique en 1924 et gagne le championnat de Paris, la coupe de France et le championnat de France.
    La presse critique ses comportements, notamment le journaliste du Figaro affirmant que les exercices violents ne conviennent pas aux femmes. Ses relations avec la Fédération se dégradent. Elle est suspendue en 1926 pour avoir poussé ses coéquipières à se doper.
    Se tourne vers les courses automobiles, devenant une véritable légende du sport. L'automobile symbolise l'autonomie individuelle, ce qui est révolutionnaire pour les femmes à cette époque.
  • La reine des courses automobiles(4'546'59)
    Commence dans les compétitions féminines au concours du Parc des Princes. Pour sa première course, elle établit un nouveau record et écrase toutes ses adversaires. Après deux ans, elle est prête à affronter les hommes.
    À bord d'un cycle-car, elle participe au Bol d'Or motocycliste, une épreuve exigeant 24 heures d'affilée sur un circuit en forêt. En 1927, après 1700 km, elle arrive première. Derrière elle, 18 hommes dépités de leur défaite.
    À la fin des années folles, le retour à l'ordre moral pousse la Fédération à refuser sa licence en 1928, un an après son exploit. Elle ne peut plus participer aux compétitions nationales ou internationales.
    • Traîne la Fédération devant les tribunaux en 1930 • Devient un animal médiatique grâce au procès publicisé • Bénéficie d'une vague d'admiration pour son courage et son originalité • Choisit une mastectomie en 1930 pour mieux tenir son volant
  • La vie bohème et l'engagement artistique(6'598'46)
    Ouvre un magasin d'accessoires automobiles appelé 'Spécialités Violette Morris'. Mais elle dépense mieux qu'elle ne gagne et le magasin fait faillite en 1931 lors de la crise économique.
    Se lance dans le Music-Hall. Le journaliste Hubert Bouchet reconnaît qu'elle chante admirablement. Elle fréquente le milieu artistique parisien et dépense largement ses ressources.
    • Amie de la star Joséphine Baker • Compagne de la comédienne Yvonne de Bray avec qui elle vit en couple • Habite à bord de 'La Mouette', sa péniche privée parisienne • Héberge le dramaturge Jean Cocteau
    En 1937, un ancien légionnaire, persuadé que Violette a révélé son affaire, monte à l'assaut de la péniche. Elle le frappe, le tire dessus et le blesse mortellement. Elle passe quatre jours à la prison de la Petite Roquette avant d'être relâchée pour légitime défense.
  • La collaboration et la mort mystérieuse(8'4612'51)
    • Reçue en grande pompe lors des journées préparatoires des Jeux Olympiques de Berlin en 1936 • Aurait apporté les plans du fort Hackenberg à la Ligne Maginot selon les sources • Aurait eu une relation avec Heinrich Himmler selon Raymond Ruffin • Aucune preuve écrite de ces accusations n'a été trouvée
    Fréquente le garage de la Luftwaffe sur le boulevard Pershing à Paris et fournit des pièces détachées. Est la chauffeuse du collaborationniste Christian Sarton du Jonchay. Réquisitionne pour les Allemands l'essence, l'huile de moteur et les métaux cachés par la Résistance à Cannes fin 1943.
    • Raymond Ruffin l'appelle 'la hyène de la Gestapo' • Aurait été une taupe infiltrée dans la résistance française du Grand Ouest • Aurait intégré la Gestapo comme tortionnaire sur des femmes résistantes • Ruffin affirme que Pierre Bonny aurait détruit les archives compromettantes
    Le 26 avril 1944, sur la route D27 entre Epaignes et Lieurey en Normandie, les maquisards du groupe Surcouf bloquent sa voiture et mitraillent. Elle meurt avec la famille Bailleul et leurs deux enfants de 14 et 15 ans. Deux théories s'affrontent : un ordre du BCRA de Londres ou une bavure où les résistants se seraient trompés de cible.
  • L'héritage et l'énigme historique(12'5114'05)
    • Certains historiens comme Marie-Josèphe Bonnet pensent que c'est une bavure • Le supposé télégramme du BCRA serait un faux créé après le drame • Les accusations de torture auraient été surchargeant le profil après l'incident • Les sources historiques sur les activités d'espionnage ont disparu
    Aucune preuve écrite n'atteste l'engagement de Violette dans la Gestapo. Elle ne laissait pas d'écrits sur ses motivations. On sait qu'elle a collaboré, mais on ignore les raisons réelles : était-ce simplement un travail de fourniture de pièces ou une engagement idéologique plus profond?
    Violette incarne à elle seule une époque avec ses contrastes : boxeuse, coureuse automobile, lesbienne sans sein, chanteuse de music-hall, mais aussi collaboratrice aux motivations énigmatiques.
    La réponse sur le vrai engagement de Violette Morris reste inconnue. Ses actes de collaboration sont certains, mais la nature et l'étendue de son implication dans la Gestapo demeurent à jamais mystérieuses faute de preuves documentaires.