
Que raconte le journal intime d'Hitler ? - Les faussaires de l'Histoire
3 capitulos
- Les faux documents de William ShakespeareContexte familialEn décembre 1794 à Londres, William Ireland, 19 ans, offre à son père Samuel Ireland un acte d'achat de propriété signé de la main de William Shakespeare. Samuel, grand collectionneur et fan passionné du dramaturge, n'en croit pas ses yeux car aucun document signé par Shakespeare n'avait jamais été retrouvé.La supercherie révélée• William Ireland fabrique toute une série de faux documents : lettres adressées à Anne Hathaway et à la reine Elizabeth Ière • Il comprend que l'adoration rend aveugle et que son père, un fin connaisseur, ne remettra en cause aucun de ses faux • En 1795, il publie ces faux qui quittent le cercle familial pour conquérir la sphère publiqueL'audacieuse pièce de théâtreWilliam Ireland écrit « Vortigern and Rowena », une pièce de théâtre censée être du grand maître, et parvient à la vendre au Drury Lane de Londres. Le 2 avril 1796, lors de la première représentation, la pièce est accueillie par un torrent de huées. Un expert en histoire du théâtre présent dans le public crie que tout est faux.Les conséquences tragiques• La pièce est annulée et le faussaire est démasqué • Samuel défend son fils, ce qui retourne les moqueries contre toute la famille Ireland • William confesse tout mais on ne le croit pas ; la famille entière est soupçonnée, moquée et conspuée • Samuel reste suspecté d'être le véritable cerveau jusqu'à sa mort en 1800 • William connaît une relative pauvreté jusqu'à sa mort en 1835
- Les faux journaux intimes d'HitlerLa découverte mystérieuseEn 1973, le journaliste Gerd Heidemann du magazine allemand Stern rencontre le collectionneur Fritz Stiefel, qui lui révèle un journal personnel d'Hitler dans un sous-sol transformé en temple du IIIe Reich. Le journal est censé provenir d'Allemagne de l'Est et faire partie d'une série de 26 volumes au total.L'enquête secrète• Les rédacteurs en chef du Stern refusent de suivre cette piste, mais Thomas Walde, directeur de la section histoire, donne discrètement son feu vert • Heidemann découvre qu'une opération aérienne d'évacuation a eu lieu avant le suicide du Führer et qu'un avion s'est écrasé • Convaincu que les journaux ont survécu, il court-circuite sa direction et présente ses recherches au grand patron du groupe Bertelsmann • Manfred Fischer lui confie deux millions de marks pour négocier l'achat de tous les journauxLe faussaire démasquéKonrad Kujau, un collectionneur de Stuttgart, se révèle être le propriétaire des journaux. Expert en histoire nazie capable de copier parfaitement l'écriture d'Hitler, il avait déjà créé une fausse version manuscrite de Mein Kampf qu'il a vendue à Stiefel. Tous les journaux ont été fabriqués de toute pièce par Kujau lui-même.L'effondrement de l'imposture• Un professeur d'histoire de Stuttgart authentifie le journal, ce qui encourage Kujau à continuer sa production • Hugh Trevor-Roper, historien respecté, examine les documents en Suisse et finit par déclarer qu'ils sont authentiques malgré ses doutes • L'historien David Irving expose publiquement toutes les incohérences des journaux lors d'une conférence de presse le 22 avril 1983 • Les analyses scientifiques révèlent que le papier contient des agents de blanchiment utilisés seulement depuis 1950, prouvant que les journaux sont des faux • Heidemann et Kujau sont poursuivis et condamnés à plus de quatre ans de prison chacun; la peine de Heidemann est réduite car il n'était pas complice
- Les leçons de l'histoire des faussairesCauses de la supercherieL'affaire des faux journaux d'Hitler est un cas d'école montrant comment un mélange d'aveuglement, d'appât du gain et de refus d'expertise scientifique peut créer une imposture majeure.Rôle des expertsUn expert qui est isolé et mis sous pression peut faire erreur. Hugh Trevor-Roper, malgré son prestige, n'a eu que quelques heures pour analyser les documents et s'est laissé influencer par la pression commerciale et médiatique.Importance de la rigueurCes deux affaires rappellent que la discipline historique doit être très rigoureuse pour échapper aux faussaires. Les faux documents peuvent sembler convaincants, même pour les experts, si les conditions ne sont pas réunies pour une vérification minutieuse.Presse et histoireHistoire et presse à sensation font souvent mauvais ménage. Il est essentiel de faire relire ses conclusions par des collègues reconnus et de procéder à des analyses scientifiques avant de publier des découvertes majeures.





