
Elon Musk peut posséder Mars ?
8 capitulos
- Introduction et contexte de la questionSujet principalLa question centrale est de savoir si Elon Musk ou un multi-milliardaire pourrait posséder Mars, ou si une personne pourrait devenir propriétaire sur la Lune.Enjeux différents• Si c'est un militaire : risque de militarisation avec navettes et satellites lance-missiles • Si c'est un État : risque de nationalisation et de conflits diplomatiques • Si c'est un multi-milliardaire : crainte d'une privatisation de l'espace avec corporations et usines sur astéroïdesQuestions explorer• Depuis quand existe cette idée de conquête spatiale ? • Qui y a pensé avant dans l'histoire ? • Était-ce pour la guerre, la richesse, ou le développement du savoir humain ?Contexte philosophiqueNotre société occidentale est imprégnée de futurisme et de progressisme, avec une idée ancrée que la technologie finira par balayer tous les obstacles.
- Les origines de l'idée de conquête spatialeDébuts littéraires• L'idée de conquête spatiale apparaît à la fin du 19e siècle avec la science-fiction • Jules Verne publie 'De la Terre à la Lune' en 1865, décrivant un projectile creux sans moteur dont les aventuriers ne sont pas censés revenirMouvements organisésAprès la Première Guerre mondiale, des sociétés savantes réunissent les partisans de la conquête spatiale avec des recherches sérieuses.Premières revendications• Le 4 janvier 1949, James Thomas Magan proclame la création de la 'Nation of Celestial Space' en Illinois • Il dépose une charte auprès de l'administration publique états-unienne et s'autoproclame 'Premier Représentant' de CelestiaTentatives internationales• Magan entame des démarches auprès de 74 États et de l'ONU pour obtenir la reconnaissance • Sa demande est rejetée car Celestia ne répond pas aux exigences de l'article 4.1 de la Charte de l'ONU : elle n'est pas un État
- Autres revendications individuelles et la course spatialeRevendications concurrentes• Leo Brandt, marchand australien, affirme avoir entamé la même démarche dès 1937 • Charles Dickey, étudiant américain, revendique la moitié sud de tout l'espace extra-atmosphérique en référence à la Guerre de SécessionDébut de la courseLe 4 octobre 1957, l'URSS envoie Sputnik 1 dans l'espace, transformant la colonisation spatiale en véritable affaire d'État.Actes symboliques• Le 12 septembre 1959, la mission soviétique Luna 2 pose les premiers objets sur la Lune : des sphères d'acier gravées avec la date et les emblèmes de l'URSS • Le 15 au 29 septembre 1959, Khrouchtchev offre à Eisenhower une réplique de ces sphères lors d'une visite officielle aux États-UnisDébat politique• Khrouchtchev répond aux questions sur la possession de la Lune en affirmant que c'est une 'psychologie capitaliste' et que c'est une victoire pour toute l'humanité • Le principe émerge que revendiquer une propriété privée dans l'espace serait une mauvaise idée
- Cadre juridique international sur l'espaceTextes fondamentaux• Le 20 décembre 1961, l'ONU vote le rejet de toute 'appropriation nationale' sur l'espace extra-atmosphérique et les corps célestes • En 1963, une Déclaration encadre les activités des États en matière d'exploration spatiale sans possibilité de proclamer une souveraineté • En 1966, un nouveau traité répète ce principe en insistant sur les corps célestes, particulièrement la LuneConsensus et compromis• Des acteurs privés peuvent travailler dans l'espace, mais chaque État reste responsable de ses ressortissants • Le domaine spatial était considéré comme un terrain de jeu des États car coûteux et peu rentable à l'époqueParadoxe juridiqueL'espace ne peut pas être 'approprié', mais peut être 'exploré et utilisé librement', créant une tension dans l'interprétation du droit.Patrimoine communEn 1979, l'Accord sur la Lune tente d'empêcher définitivement toute appropriation nationale ou privée, porté aux États-Unis par le Département d'État et la NASA.
- Opposition libertarienne et réinterprétation du droitRésistance industrielle• Les acteurs privés du secteur minier s'opposent vigoureusement à l'Accord sur la Lune • En 1975, la L5 Society est fondée pour promouvoir la conquête spatiale de façon libertarienne avec lobbying auprès des élusConséquencesL'Accord sur la Lune n'est pas ratifié aux États-Unis, et depuis, plus aucun traité de l'espace n'a été signé à l'ONU.Nouvelle stratégie• La question devient : si on ne peut pas s'approprier l'espace, peut-on s'approprier les ressources de l'espace ? • En 1980, Dennis Hope fonde la Lunar Embassy et commence à vendre des parcelles de la Lune, Vénus, Mars et Jupiter à des particuliersPratiques commerciales• Hope se proclame Président du 'Gouvernement galactique' en 2004 et proteste contre les projets de base lunaire • En 2010, Angeles Duran se proclame propriétaire du Soleil et vend aussi des parcelles
- Cas particuliers et tentatives de recoursRevendications d'astéroïdes• En 1996, la NASA envoie la sonde NEAR Shoemaker vers l'astéroïde 433 Eros • Greg Nimitz revendique la propriété de cet astéroïde et adresse une facture de 20 dollars à la NASA quand la sonde atterrit le 12 février 2001Rejets légauxLa NASA, le Département d'État et le tribunal fédéral du Nevada rejettent tous les recours de Nimitz.Base légale du rejetToutes ces initiatives contreviennent au Traité de l'espace en tentant de faire croire qu'il ne concerne que les États et entreprises, non les citoyens.Fausse interprétationCes tentatives entretiennent une fausse idée reçue sur l'applicabilité du Traité de l'espace.
- Changement de politique américaine et nouvelles régulationsOffensive présidentielle• En 2004, George W. Bush organise une commission de hauts fonctionnaires, militaires, scientifiques et cadres de l'industrie spatiale • Leur objectif : faire éclater le Traité sur l'espace comme obstacle à l'exploitation des ressources spatialesNouvelles entreprises• Planetary Resources et Deep Space Industries sont créées avec cet objectif • Deep Space Industries a été rachetée par Bradford SpaceVictoire législative• Le SPACE Act de 2015 sous Obama permet aux citoyens américains d'exploiter les ressources spatiales • L'Executive Order de 2020 sous Trump renforce cette autorisationImitation internationale• Le Luxembourg légalise en 2017, le Japon en 2021 • Les Accords Artemis signés par les alliés des États-Unis régissent l'activité sur la Lune avec autorisation d'exploiter les ressources et création de 'zones de sécurité'
- Conclusion : réponse à la question initialePour Elon MuskNon, Elon Musk ne peut pas s'approprier Mars car le Traité de l'espace reste en vigueur. Il doit demander une autorisation aux États-Unis, qui seraient responsables de ses actes.Exploitation possibleIl pourrait exploiter les ressources spatiales, mais n'en tirerait jamais un titre de propriété.Pour les citoyens ordinairesLes citoyens, qu'ils aient acheté des titres de propriété sur la Lune, Mars ou d'autres corps célestes, se sont fait arnaquer car ces titres n'ont aucune valeur juridique.Situation actuelleLa distinction entre 'appropriation territoriale' et 'occupation exclusive' masque un basculement : des années 60-70 avec cadre universel de l'ONU au multilatéralisme entre alliés.





