Segunda Guerra Mundial/Les terrifiants chasseurs nazis : La Brigade SS Dirlewanger
Les terrifiants chasseurs nazis : La Brigade SS Dirlewanger

Les terrifiants chasseurs nazis : La Brigade SS Dirlewanger

Nota Bene15 min9 oct 2023
11 capitulos
  • Introduction et contexte de création de la Brigade Dirlewanger(1'192'37)
    L'auteur a réalisé de nombreuses émissions sur les batailles de la Seconde Guerre mondiale, la Résistance et le Troisième Reich.
    La Brigade Dirlewanger est une unité militaire méconnue, abominable mais éclairante pour comprendre les crimes des SS et la vision du monde des Nazis.
    • En 1940, l'Allemagne attaque ou occupe la Pologne, le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique et la France • Heinrich Himmler décide de créer une brigade SS spéciale dirigée contre les tentatives de résistance en pays occupé
    Oskar Dirlewanger, un officier marginalisé par sa hiérarchie mais efficace, est choisi pour diriger cette brigade.
  • Formation et expansion de la Brigade (1940-1942)(2'373'37)
    À partir de septembre 1940, l'unité débute avec une centaine d'hommes en Pologne, surveillant des camps de travail et combattant le marché noir pendant 18 mois.
    En février 1942, la troupe part lutter contre la Résistance biélorusse et devient progressivement un bataillon puis un régiment de 2.000 hommes.
    • Braconniers, auxiliaires slaves, soldats SS • Anciens des camps ou sortis des prisons où ils purgeaient des peines disciplinaires
    Les raids ne ciblent plus seulement les partisans mais aussi les civils, particulièrement les communautés paysannes et juives, créant une véritable seconde vague génocidaire.
  • Crimes et déploiements en Europe orientale (1942-1945)(3'374'51)
    En juin 1944, lorsque l'unité quitte la Biélorussie face à la contre-offensive soviétique, elle laisse derrière elle des dizaines de villages incendiés et plus de 30.000 tués.
    Les SS répriment le soulèvement du ghetto de Varsovie où, en à peine deux mois, ils font autant de victimes que dans les 2 années précédentes : 30.000 hommes, femmes et enfants sont massacrés.
    • Le bataillon devient brigade et est déployé en Slovaquie, Hongrie et frontière polonaise • En février 1945, l'unité devient la 36e Division de grenadiers SS
    Fin avril 1945, sur les 6.000 combattants d'origine, il ne reste qu'une cinquantaine d'hommes debout.
  • Spécificité du recrutement de la Brigade(4'516'50)
    Alors que l'Allemagne manque de personnel combattant, la brigade disciplinaire grandit progressivement de 100 à 6.000 combattants environ.
    • Criminels et militaires condamnés de la Wehrmacht et des SS • Cambrioleurs et meurtriers civils • Personnes considérées comme "asociales" : délinquants, mendiants, chômeurs • Handicapés mentaux légers et psychopathes • Fin 1944 : détenus politiques et anciens adversaires du nazisme
    La brigade recrute aussi sur place des Polonais, Slovaques et Biélorusses pour assurer un approvisionnement constant en hommes.
    À l'origine, le but est de recruter des experts de la traque et du camouflage : uniquement des prisonniers condamnés pour des délits liés à la chasse et au braconnage.
  • Origines historiques des unités de chasseurs militaires(6'508'12)
    L'idée d'instrumentaliser les savoir-faire des chasseurs date du 18e siècle, lorsque les gouvernements européens créent des unités spécialisées.
    • Frédéric II de Prusse crée des unités servant de gardes-frontières tout au long du 19e siècle • Les fameux Chasseurs à cheval napoléoniens en France • Compagnies de chasseurs au Royaume-Uni et dans les monarchies allemandes
    Ces hommes sont chargés de lutter contre le banditisme et la contrebande dans les régions montagneuses.
    À partir de la Grande Guerre, apparaît l'idée de commandos de tireurs d'élites pour la reconnaissance en milieu hostile.
  • Tactiques et méthodes de la Brigade Dirlewanger(8'129'53)
    De 1942 à 1943 en Biélorussie, les SS accomplissent des missions de reconnaissance et d'élimination en s'enfonçant dans les forêts pour détecter et assaillir les partisans.
    • Les opérations évoquent la Pirsch, une forme de chasse individuelle consistant à pister le cerf et à l'abattre d'un seul coup • Pratique élitiste favorite d'Heinrich Himmler et des dignitaires nazis
    À partir de 1943, la brigade se tourne vers les grands ratissages des campagnes en coordination avec d'autres unités : villages incendiés et populations acculées dans une nasse.
    Les nazis calquent leurs opérations sur la chasse à la battue, obligeant les proies à fuir vers un cordon de tireurs.
  • Dépassements des pratiques de chasse(9'5311'26)
    • Les femmes et enfants sont systématiquement ciblés • La brigade compte parmi les troupes ayant tué le plus d'enfants durant la guerre
    À l'époque, les chasseurs civils consentaient rarement à abattre des femelles et tuer de jeunes animaux était interdit.
    • Viols et tortures • Déportations et travail forcé • Morsures de fouet et brûlures de cigarette marquant la chair des victimes
    Les Slaves juifs sont ravalés au rang de bétail, transformés en véritable cheptel humain dans une domestication symbolique.
  • Fondements idéologiques de la violence nazie(11'2612'30)
    Pour les nazis, la lutte contre les partisans est une guerre inédite sans règles classiques puisque l'ennemi n'a pas d'uniforme et se cache parmi la population civile.
    L'affrontement se déroule à l'extrémité orientale du Reich, considérée comme marginale et sauvage par les nazis, zone où la mission civilisatrice n'a pas été menée.
    • Les nazis fondent la brigade sur une idée de chasse aux bêtes fauves • Ils recrutent des criminels et braconniers croyant opposer la sauvagerie à la sauvagerie
    Pour les dignitaires nazis, la chasse est romanesque et passionnée mais aussi cruelle et sauvage, articulée autour de la passion de la traque et du plaisir de tuer.
  • Hiérarchie des territoires et violence nazie(12'3013'12)
    • La chasse raisonnable était autorisée sur les territoires du Reich • Sa version cruelle n'était possible que dans les territoires limitrophes comme la Pologne ou la Biélorussie, où elle était souhaitée et encouragée
    Dirlewanger n'aurait jamais pu incendier un village juif en plein cœur de l'Allemagne.
    La violence n'était pas accidentelle mais acceptée et conçue à l'avance, fruit d'une perception nazie des sous-hommes comme du gibier.
    La mission du traqueur était complètement assumée au plus haut niveau, basée sur une volonté stratégique et consciente.
  • Justice d'après-guerre et responsabilité(13'1213'53)
    En juin 1945, Oskar Dirlewanger est fait prisonnier par les Français et reconnu puis battu à mort par d'anciens détenus polonais.
    Une quarantaine d'enquêtes préliminaires sont lancées entre 1948 et 1985 contre ses hommes, mais faute de dates, de lieux et de bilans exacts, les juges ne peuvent déterminer la responsabilité juridique.
    Bien que la plupart des procédures échouent, elles permettent de rassembler les témoignages des membres de l'unité, de leurs supérieurs et de leurs victimes.
    Ces documents alimentent la recherche historique et ont permis la réalisation de cet épisode.
  • Conclusion : La Brigade dans le système nazi(13'5315'25)
    La Brigade Dirlewanger est une unité ultra spécifique, marginale, avec un recrutement différent agissant sur un territoire lointain, paraissant être un cas isolé.
    Après guerre, les dignitaires nazis assumaient à moitié ce qui se faisait en Allemagne et pas du tout ce qui se faisait au dehors.
    • La volonté initiale justifiant, pensant et ordonnant la violence était là à la base, stratégique et consciente • Dirlewanger et ses hommes ont brûlé quelques dizaines de villages, mais au total les troupes allemandes ont incendié près de 700 villages
    La Brigade n'est pas si exceptionnelle comparée à d'autres troupes SS : la violence surgit non d'une personnalité isolée mais d'un système propice qui l'engendre.