Primera Guerra Mundial/1914-1918 : Pourquoi cette guerre est totale ?
1914-1918 : Pourquoi cette guerre est totale ?

1914-1918 : Pourquoi cette guerre est totale ?

Nota Bene16 min9 ago 2021
16 capitulos
  • Introduction et contexte de la Grande Guerre(0'001'01)
    Le vidéaste se trouve à l'Historial de la Grande Guerre dans la Somme pour parler de la Première Guerre mondiale, non pas des batailles et combats, mais de la société durant cette période.
    • Aucun aspect n'échappe au conflit • Politique, économie, culture, éducation et sciences sont tous tournés vers le conflit • L'Historial aborde ces sujets dans ses deux musées de Péronne et Thiepval
    Avant 1914, l'Europe traverse une ère de progrès sociaux, économiques et politiques, et on s'attend à une guerre courte de quelques semaines ou mois.
    La légende des soldats partis la fleur au fusil ne s'est pas déroulée comme prévu, car la guerre de mouvement fait place à la guerre des tranchées et un immense front se forme dans le Nord-Est de la France.
  • La cohabitation difficile entre civils et soldats(1'012'12)
    En quelques semaines, des villages tranquilles deviennent les théâtres de combats immenses, et les civils se retrouvent à cohabiter avec des régiments entiers de soldats étrangers de chaque côté de la ligne.
    Les troupes britanniques ont besoin de se nourrir, se loger et se détendre loin de chez elles, ce qui engendre des frictions avec les populations civiles.
    La Somme devient une scène internationale où Allemands, Français, Britanniques, troupes du Commonwealth et Américains se croisent dans une gigantesque bataille.
    Beaucoup de civils français n'ont jamais vu de Britanniques avant la guerre, au point qu'en septembre 1914, un commando allemand mené par le capitaine Walther Tilling traverse les lignes jusqu'en Normandie en étant pris pour des Anglais.
  • L'occupation allemande et ses ravages(2'123'08)
    • Nouvelles lois et taxes imposées • Réquisitions de biens et ressources • Nécessité de loger tous les militaires allemands
    Des familles de soldats français doivent héberger ceux que leurs proches combattent, tandis que l'Allemagne envoie hommes et femmes travailler dans des conditions déplorables.
    Entre 1914 et 1918, après de nombreuses émeutes et à cause du blocus des Alliés, entre 450 et 700 000 civils allemands meurent de faim.
    L'Historial évoque les points de vue des soldats des deux camps, car si les soldats s'opposent dans la guerre, ils se retrouvent dans le quotidien et les souffrances communes.
  • Les bombardements et la guerre aérienne(3'083'44)
    Avions et zeppelins bombardent l'arrière, visant tantôt les usines et cibles militaires, tantôt les villes pour briser le moral des populations.
    En 1918, les Allemands bombardent Paris avec des canons géants spécialement conçus pour cette tâche. Le 29 mars 1918, ils touchent l'église Saint-Gervais dont l'effondrement partiel tue 91 personnes.
    Personne n'échappe véritablement à la guerre, qui prend de nombreux aspects différents dans la vie civile quotidienne.
    Entre les communes entièrement rasées et jamais reconstruites, les collines laminées et les 15% d'obus n'ayant pas explosés qui attendent encore sous terre, la géographie elle-même est changée par la guerre.
  • L'école et la propagande envers les enfants(3'444'47)
    À l'école, même les enfants voient leurs vies tourner autour de la guerre, car l'école devient un lieu où instruction et propagande se mêlent.
    • Les jouets et jeux tournent autour du conflit • Les enfants jouent à la guerre en pensant à leurs pères au combat • Les dictées portent sur les valeurs de patriotisme et le courage des poilus
    Au fur et à mesure des batailles, quand des écoliers se retrouvent orphelins, il faut justifier que le sacrifice des parents n'a pas été inutile.
    Une toute littérature de guerre naît du conflit et perdure après l'armistice, comme le livre d'Henri D'Orcines de 1919 intitulé 'J'ai descendu mon premier boche'.
  • L'art et la culture au service de la guerre(4'475'39)
    Enfants comme adultes se voient constamment répéter que l'autre est un ennemi qu'il faut haïr et détruire, et que chacun doit donner de son temps, argent ou sang pour y parvenir.
    • Chansons patriotiques • Peintures de propagande • Affiches servant le discours national
    Les artistes participent directement à la guerre avec la création de nouveaux camouflages, de faux décors pour cacher les observateurs, et de peintures trompe-l'oeil pour briser la silhouette des bateaux et tromper les sous-marins.
    Les intellectuels participent à l'affrontement par des publications et textes, tandis que les scientifiques des deux camps développent les armes qui changeront le cours de la guerre.
  • La technologie et l'industrialisation de la guerre(5'396'37)
    • Gaz envoyé par tuyaux puis par obus • Lance-flammes et chars d'assaut • Avions toujours plus perfectionnés et casques de protection
    L'un des aspects les plus traumatisants de la Première Guerre mondiale est la manière dont la science et l'industrie transforment les champs de bataille en véritables machines à broyer les combattants.
    La mobilisation de toutes les mains disponibles, à commencer par celles des femmes dans les usines d'armement (les 'munitionnettes'), permet à la France de multiplier sa production d'obus par 20 en quatre ans.
    La guerre devient plus qu'un affrontement entre hommes : c'est une guerre d'industries où c'est à celui qui pourra lancer le plus de moyens dans la bataille.
  • L'ampleur des destructions et des pertes(6'378'24)
    Avec moins de 2 milliards d'habitants sur la Terre à l'époque, plus d'un milliard d'obus sont tirés durant la guerre, soit plus d'un obus tiré pour deux habitants, et ce uniquement sur le front.
    La mitrailleuse est un pur produit de l'ère industrielle : simple à manier, elle fonctionne comme une machine avec un homme la maniant et l'autre la chargeant continuellement, causant des ravages face aux vagues de soldats.
    • En août 1914 près de Charleroi, l'armée française connaît 26 000 morts en une seule journée • En juillet 1916 sur la Somme, les Britanniques perdent 60 000 hommes en une seule journée, dont 20 000 morts • La bataille de la Somme voit 1,2 millions d'hommes mis hors de combat
    Entre les communes rasées jamais reconstruites et les 15% d'obus n'ayant pas explosés qui attendent encore sous terre, même la géographie a été changée par la guerre.
  • Les familles et le quotidien des civils(8'248'59)
    La guerre est vécue collectivement par les soldats des deux camps et leurs familles, car chaque famille craint pour quelqu'un : un père, un fils, un frère ou même un ami.
    Le nombre de monuments en France rappelle qu'aucune commune n'a échappé à cet enfer collectif, avec trois millions de femmes devenant veuves, parfois sans même une tombe où se rendre.
    D'autres voient leurs maris revenir changés, rendus alcooliques, violents ou indifférents par la guerre, avec des traumatismes invisibles nombreux et des mutilations visibles tout aussi difficiles.
    Les portes se referment sur des foyers lourdement transformés, et l'heureux retour au foyer tant espéré se transforme parfois en divorce pour les femmes retrouvant leurs maris ou fiancés mutilés et défigurés.
  • La circulation des lettres et la censure(8'5910'19)
    Énormément de lettres circulent durant la guerre : côté français seul, ce ne sont pas moins de 4 millions de lettres qui circulent chaque jour.
    La censure veille à ce qu'aucune information compromettante ne circule, mais les soldats rivalisent d'ingéniosité avec des codes, des encres sympathiques et autres ruses pour passer au nez et à la barbe du censeur.
    Pour les soldats ayant leur famille en zone occupée par l'ennemi, les lettres n'y circulent pas, et durant quatre ans ils ne peuvent recevoir des nouvelles que via des moyens détournés ou l'aide de la Croix Rouge.
    L'arrivée du courrier est un moment sacré, sa perte une catastrophe, car c'est le seul moyen pour certains soldats d'avoir des nouvelles de leurs familles et de s'occuper des affaires familiales.
  • Amour, sexualité et moral des troupes(10'1911'26)
    La question de l'amour dans les lettres est présente mais difficile, car on ne rencontre pas facilement l'amour dans une tranchée battue par les obus, et les hommes en couple craignent d'être trompés par un planqué à l'arrière.
    Les prostituées s'installent à proximité du front, conscientes qu'une telle concentration d'hommes avec peu d'endroits où dépenser leur solde est une affaire en or.
    Les armées des deux camps comprennent que si la travailleuse du sexe joue un rôle important dans le moral du soldat, cela crée des épidémies de maladies sexuellement transmissibles, notamment la syphilis.
    Français et Allemands mettent en place des 'bordels de campagne' pour contrôler les conditions d'hygiène et régler plus facilement les problèmes liés à la prostitution, montrant comment la guerre contrôle même la sexualité.
  • Les permissions et la gestion de la mort(11'2613'13)
    Préparer à une guerre courte, la question des permissions n'avait pas vraiment été planifiée, ce n'est qu'en 1915, après presque un an de guerre, qu'on commence à autoriser des hommes à prendre quelques jours pour voir leurs familles.
    Dans les lettres, la question de la fin de la guerre et du retour au foyer est constante, tandis que la mort est évoquée en marge pour ne pas transformer ce rituel sacré en moment difficile.
    • La mort est d'abord annoncée par une absence de lettres • L'annonce arrive par l'élu du village ou des bénévoles volontaires • Parfois c'est un camarade du soldat tombé qui porte la nouvelle avec détails
    Trois millions de femmes deviennent veuves, parfois sans même une tombe où se rendre, tandis que d'autres voient leurs maris revenir changés, rendus alcooliques, violents ou indifférents.
  • L'artisanat de tranchée et l'expression artistique(13'1314'24)
    Si pendant la guerre, l'art a surtout servi à soutenir l'effort national, dans les tranchées, l'art était aussi un passe-temps et un défouloir à d'autres échelles.
    Les poilus transforment en œuvres des objets destinés à tuer, changeant des restes d'obus en bagues, vases ou objets décoratifs.
    Le poilu peut s'épancher et dénoncer le 'bourrage de crâne' des journaux officiels en dépeignant la réalité qu'il vivait dans ces publications locales.
    • Erich Maria Remarque avec 'A l'Ouest, rien de nouveau' paru en 1929 • Henri Barbusse avec 'Le Feu' qui dès 1916 rompt avec la censure • Otto Dix avec sa série de 50 eaux fortes Der Krieg réalisées en 1924
  • L'après-guerre et ses défis(14'2415'09)
    Bien que la guerre soit terminée, elle reste toujours aussi présente, non seulement dans les esprits mais aussi dans le quotidien des populations.
    • Redresser des pays dont les économies ont sérieusement souffert • Rebâtir les zones complètement ruinées • Reconstruire les vies personnelles et familiales
    Veuves, mutilés, orphelins et anciens soldats traumatisés doivent trouver leur place dans des sociétés encore meurtries, à l'époque où la grippe espagnole fait des ravages.
    La grippe espagnole aurait pu faire entre 50 et 100 millions de morts dans le monde, soit plus que la guerre elle-même avec ses près de 10 millions de soldats morts.
  • Les années folles et la montée des totalitarismes(15'0915'44)
    Dans l'après-conflit où les années folles essaient de surmonter les malheurs, certains continuent à haïr l'ennemi là où d'autres haïssent la guerre elle-même.
    Revanchards et pacifistes s'affrontent, créant une tension dans la société entre ceux voulant se venger et ceux cherchant la paix.
    De nouvelles idéologies apparaissent donnant naissance à une montée des totalitarismes qui transforment profondément l'Europe.
    Vingt ans après ce que l'on voulait être 'la Der des Der', les totalitarismes provoquent une Seconde Guerre mondiale qui sera elle aussi totale, voyant la science, l'art, l'économie et la société se tourner vers le conflit.
  • Conclusion et ressources(15'4416'15)
    Le vidéaste espère que cet épisode a donné envie d'explorer ces aspects de la Grande Guerre.
    • Historial de la Grande Guerre avec ses sites de Péronne et Thiepval • Somme Tourisme pour son soutien et sa participation
    Des vidéos sur la Bataille de la Somme sont déjà disponibles sur la chaîne, accessibles via la playlist dédiée à la Première Guerre Mondiale.
    Invitation à regarder de nouvelles vidéos prochainement sur la chaîne Nota Bene.