Segunda Guerra Mundial/La prison de haute sécurité des allemands - Les évadés de Colditz
La prison de haute sécurité des allemands - Les évadés de Colditz

La prison de haute sécurité des allemands - Les évadés de Colditz

Nota Bene17 min4 abr 2022
8 capitulos
  • Introduction à la prison de Colditz(1'432'44)
    Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande se retrouve avec de nombreux prisonniers après la conquête rapide de l'Europe. Ces prisonniers cherchent constamment à s'échapper pour rentrer chez eux ou reprendre le combat.
    • Les prisonniers fugitifs mobilisent des forces de police et de renseignement • Voir des ennemis retourner dans l'armée adverse affecte le moral • La gestion des prisonniers devient une épine dans le pied des autorités allemandes
    Les autorités allemandes choisissent le château de Colditz comme lieu de détention pour les éléments les plus turbulents et dangereux.
    Bien que présentée comme une prison imperméable, il y a en réalité eu beaucoup d'évasions, vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup.
  • Le château de Colditz : un forteresse réputée(2'444'37)
    • Fort d'origine bâti au 11e siècle, ravagé par un incendie • Reconstruit dans le style Renaissance au 16e siècle • Sert de résidence à l'Électeur de Saxe, puis d'asile psychiatrique et de sanatorium
    Le château dispose de remparts, grilles et barreaux de fenêtres. Il est situé au sommet d'une colline bordée par une rivière, ce qui en fait un bon site pour une prison.
    Colditz est situé en Saxe, en plein cœur du dispositif allemand. Pour un fugitif, cela signifie parcourir des centaines de kilomètres en pays ennemi avant de retrouver un point d'extraction vers l'étranger.
    • 1939 : camp de transit • 1940 : devient l'Oflag IV-C avec capacité de 500 à 600 places • 1943 : se spécialise dans les prisonniers américains et britanniques jusqu'à la fin de la guerre
  • Les règles de l'évasion à Colditz(4'376'41)
    Une évasion réussie ne signifie pas forcément que les prisonniers sont arrivés jusqu'à un territoire ami. Il faut distinguer les fugitifs qui réussissent un home run vers la maison et ceux qui sortent de la prison mais sont repris par la suite.
    • Les détenus sont bien organisés par leur propre chaîne de commandement • Les officiers recensent, étudient et valident les projets d'évasion • Les officiers discutent avec leurs homologues des autres nationalités pour programmer les tentatives
    Les prisonniers reçoivent des colis d'organisations caritatives créées par les gouvernements alliés contenant des gadgets d'évasion : boussoles cachées dans des boutons, cartes dissimulées dans des jeux, patrons de vêtements civils ou d'uniformes allemands, teintures, argent.
    Il y a eu un certain nombre de projets d'évasion découverts par les gardes alors qu'ils étaient parfois bien avancés, notamment des tunnels. Un malheureux captif a été abattu alors qu'il franchissait l'enceinte.
  • Les premières évasions simples (1941)(6'418'03)
    • 11 avril 1941 : Alain Le Ray se cache dans la cour pendant un match de foot, puis s'enfuit la nuit. Il devient par la suite chef du maquis du Vercors • 31 mai 1941 : René Collin imite Le Ray en se cachant dans un pavillon du parc et en s'enfuyant simplement
    • Anthony Allan se cache dans un matelas transporté vers un autre camp, puis saute du camion avec un faux uniforme des jeunesses hitlériennes. Il atteint Vienne mais est repris en cherchant de la nourriture • François Boulay quitte la prison habillé en femme, mais laisse tomber sa montre et se fait repérer et capturer
    Les prisonniers profitent du droit d'exercice prévu par les conventions internationales, notamment les promenades dans le parc et les matchs de football.
    Ces premières tentatives montrent que la prison n'est pas aussi imperméable qu'annoncée, encourageant d'autres tentatives plus élaborées.
  • Les évasions du parc : ruse et coordination(8'0311'51)
    • Pierre Mairesse-Lebrun tente sa chance pendant une promenade : un camarade belge de petite corpulence se cache derrière un détenu plus costaud sous son manteau pour le comptage • Lors du deuxième appel, deux Polonais prennent la place de deux Néerlandais qui ont fait leurs valises. Quatre Polonais déclarent être malades, permettant aux mêmes hommes d'être comptés deux fois grâce à un panneau amovible
    En juillet 1941, des Néerlandais découvrent une plaque d'égout dans le parc menant à un puits de 3 mètres rempli d'eau. Un faux loquet est fabriqué avec du bois et une capsule d'aspirine pour masquer l'ouverture.
    Max et Moritz sont deux mannequins confectionnés avec du plâtre récupéré auprès d'un artisan du château, habillés et disposés au milieu des rangs pour tromper les gardes lors de l'appel.
    • 13 août 1941 : deux détenus se glissent dans le puits pendant un match de football • Grâce aux mannequins et à la troisième tentative, deux détenus de plus atteignent la Suisse • Les Néerlandais organisent des rangs impeccables en lignes de 5 par 5 pour tromper les gardes habitués à ne compter que les rangs
  • Les tunnels et autres méthodes élaborées(11'5114'14)
    Neuf officiers français arrivés en 1940 construisent plus de 90 mètres de galerie sur plusieurs plans horizontaux et verticaux. Ils raccordent le réseau électrique du château pour avoir de la lumière et travailler dans de bonnes conditions.
    • Scies fabriquées avec des ressorts de gramophones et des barreaux de fenêtres • Couteaux de cuisine et objets récupérés dans le château • Colle fabriquée avec les rations de céréales
    Les gardiens découvrent le tunnel et l'évasion n'aboutit pas. Cependant, les prisonniers français ont eu le temps de vider presque toutes les bouteilles de la cave du château et les remplissent avant de partir.
    • Dominic Bruce se cache dans un colis de la Croix Rouge en septembre 1942, puis s'évade avec une corde en draps et passe une semaine en liberté • Six captifs découvrent un chemin détourné via les dessous de la scène vers un étage condamné, se déguisent en gardes allemands : deux réussissent à rentrer à la maison
  • Le Colditz Cock : le projet ultime(14'1416'45)
    Deux pilotes britanniques, Jack Best et Bill Goldfinch, envoyés à Colditz pour tentatives d'évasion antérieures, conçoivent un planeur avec l'aide d'un ingénieur et d'un pilote de planeur. Un manuel de conception aéronautique disponible à la bibliothèque du camp est utilisé.
    • Le local se trouve dans la chapelle, au plein cœur de l'enceinte • La chapelle dispose d'un grenier et le toit donne sur une grande plaine dégagée au-delà de la rivière • Aucun poste de surveillance n'est braqué vers cet endroit
    • Lattes de plancher et de sommier, couvertures et draps pour la structure • Fils électriques récupérés pour les câbles • Rampe de lancement de 30 mètres constituée de tables en bois • Catapulte à poulie avec contrepoids en baignoire remplie de ciment capable d'atteindre 50 km/h
    • Longueur : 6 mètres, envergure : 10 mètres, équipage : 2 personnes • Décollage prévu au printemps 1945, opération annulée car le camp est libéré en avril par l'armée américaine • Une réplique vole en 2000, un exemplaire télécommandé est lancé depuis le toit en 2012 et se pose avec succès dans la clairière comme prévu 67 ans plus tôt
  • Bilan et légitimité : une prison gruyère(16'4517'52)
    La solide réputation du château de Colditz était complètement usurpée. La prison censée être inviolable était un véritable gruyère.
    • 103 évasions entre 1941 et 1945 • Une évasion tous les deux jours • Certains détenus comptés plusieurs fois, rattrapés avant de recommencer
    36 captifs ont bel et bien réussi à rentrer chez eux en franchissant complètement les lignes ennemies et atteignant un territoire ami.
    • Les gardiens constituent un musée au sein du château pour exposer les outils et stratagèmes utilisés • Ils demandent aux évadés repris de rejouer leur évasion pour en prendre des photos publiées dans le magazine Das Abwehrblatt • Ils sont à deux doigts d'organiser un concours du plan le plus ingénieux