
LES PIRES JOBS DE L'HISTOIRE - Nota Bene #34
On va pas se le cacher, dans la vie y'a des jobs de merde…et peut être même que vous l'avez expérimenté ! Et vous savez quoi ? Les jobs de merde, nos ancêtres en avaient aussi des palanqués !
4 capitulos
- L'Ermite de jardin : du spirituel au spectacleOrigines de l'ermitismeL'ermitisme s'est développé entre le IVe siècle et le XVIe siècle dans le monde occidental. Les ermites étaient des individus se retirant de la vie en société pour pratiquer leur spiritualité, vivant en solitaire dans des grottes, des ruines ou des cabanes, refusant tout luxe et toute avarice.Évolution des jardins anglais• Au XVIIIe siècle, les jardins anglais se distinguent des jardins à la française par une volonté de magnifier la nature plutôt que de la dominer • Ces jardins deviennent des lieux de retraite et d'isolement, symboles d'opposition au matérialisme de l'époque industrielle • Des structures décoratives appelées fabriques de jardin y sont installées : châteaux miniatures, temples antiques, grottes artificiellesNaissance du métierFace à l'afflux de visiteurs et au besoin de conserver la symbolique romantique, les propriétaires créent le métier d'ermite de jardin. Charles Hamilton propose une annonce au début du XIXe siècle : l'ermite doit habiter les terres de Painshill, porter une robe de camelot, ne jamais se couper cheveux ou ongles, rester silencieux et ne pas quitter les limites de la propriété.Pratique et disparition• L'ermite de jardin est une décoration vivante servant de pièce de théâtre perpétuelle pour les visiteurs, souvent comptés par milliers • Le métier est exigeant et peu rémunérateur : Hamilton vire son ermite au bout de trois semaines pour avoir bu une bière au pub • La pratique disparaît progressivement au cours du XVIIIe siècle
- Sonneur de cloche : un métier foudroyantDanger du métierEn 1874, le sonneur Ollivier meurt après avoir été frappé par la foudre en sonnant la cloche pendant un orage. Entre 1750 et 1783 en Allemagne, 121 sonneurs de cloches sont tués par la foudre sur une période de 33 ans.Raisons de la fréquence• Les églises sont bâties sur les lieux les plus en hauteur dans les villages pour imposer leur statut • Les clochers et flèches en métal attirent naturellement la foudre • La combinaison d'une corde mouillée, d'une cloche en métal et d'une position élevée crée un risque extrêmeCroyances et pratiquesOn croit que les cloches éloignent les orages. Pour affronter le tonnerre, l'église fait sonner les cloches pendant les tempêtes. Certaines cloches portent même des inscriptions leur prêtant des vertus anti-orage. Des villages se font des batailles de cloches pour envoyer l'orage d'un côté ou de l'autre.Fin de la pratique• À partir du XVIIIe siècle, on commence à interdire de sonner les cloches lors d'orages • L'invention du paratonnerre par Benjamin Franklin en 1752 permet d'éviter que la foudre ne tombe où on ne le souhaite • L'apparition des moteurs électriques pour sonner automatiquement les cloches réduit considérablement les risques
- La tannerie : le travail avec les peaux d'animauxProcessus de travail• Depuis l'antiquité romaine, on trempe les peaux de mouton dans l'urine pour les nettoyer et détacher les impuretés • L'urine contenant de l'ammoniac était aussi utilisée pour laver les vêtements, tâche confiée à des esclaves • Au XVIIIe siècle, le confitage utilise une soupe composée d'eau tiède et de fiente d'oiseau pour assouplir les peauxL'urine comme ressource économiqueLes Romains se mettaient à pisser dans des bocaux pour les vendre aux tanneries. L'empereur Vespasien décide de taxer l'urine. L'expression 'l'argent n'a pas d'odeur' vient directement de cette taxe. Les vespasiennes, premières toilettes publiques, sont nommées en son honneur.Collecteur de merde de chien• À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, on utilise des excréments de chien en remplacement de la fiente d'oiseau pour le confitage • Les Pure finders parcourent les rues avec un panier pour collecter les déjections • D'après Henry Mayhew, il y a 200 à 300 collecteurs à temps plein à Londres, servant une trentaine de tanneriesDéclin du métierUn collecteur efficace peut bien gagner sa vie au départ. Mais progressivement, trop de gens ramassent les crottes et les tanneries achètent à prix décroissant. Les collecteurs développent même un marché de contrebande en mixant les excréments avec du mortier pour améliorer l'apparence. Le métier disparaît progressivement face à l'offre supérieure à la demande.
- Métiers de récupération à l'ère industrielleDiversité des métiers• Chercheur d'os : récolte des os chez les bouchers pour les revendre à des manufactures • Fouilleurs : sondent les rivières polluées pour trouver des objets à vendre • Ramasseurs de fin de cigares : parcourent les rues à la recherche de bouts de cigares jetés par les fumeurs • Collecteurs de tissu usagés et récupérateurs de vieux boisContexte d'émergenceCes métiers prolifèrent en Angleterre et en France durant la révolution industrielle. Ils sont directement liés à la récupération et au recyclage en tout genre, reflétant le principe 'rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme'.Conditions de travailCes métiers restent très précaires et mettent souvent la santé en danger. Ils sont principalement exercés par les personnes les plus pauvres pour subsister.Pertinence contemporaineD'après l'anthropologue canadien Malcolm Blincow, ces pratiques se rapprochent des métiers informels trouvés aujourd'hui dans certains pays du Tiers-monde, ce qui invite à la réflexion sur les conditions de travail précaire.





