
Comment vit un soldat de la Grande Guerre à l'arrière du front ?
Life behind the lines wasn't exclusively rest and relaxation.
15 capitulos
- Amiens, base arrière de la Grande GuerreLocalisation stratégiqueAmiens était située à environ 40 km derrière les lignes de front, suffisamment proche pour l'accès facile des soldats mais assez loin pour offrir une sécurité relative.Raison du choixLes généraux britanniques ont établi très tôt dans la guerre Amiens comme zone de repos et de récupération pour les troupes du Commonwealth, car les soldats anglais, australiens et néo-zélandais ne pouvaient pas rentrer chez eux.Dangers persistants• La ville n'échappa pas aux bombardements malgré son éloignement du front • Les concentrations de troupes en faisaient une cible privilégiée pour l'aviation et l'artillerie allemandes • Les approvisionnements et blessés transitaient par la villeInfrastructure médicaleDes hôpitaux de fortune étaient installés dans les écoles et bâtiments publics pour soigner les blessés avant évacuation, avec des services spécialisés en chirurgie plastique pour les "Gueules Cassées".
- Flux de troupes et présence du CommonwealthChronologie de présenceLa présence des troupes du Commonwealth à Amiens remonte à 1914 plutôt qu'à 1918, avec des dizaines de milliers de soldats transitant par la ville durant la guerre.Raison du stationnementAmiens servait de base arrière pour les armées alliées et anglaises, permettant aux soldats de prendre leur congé sans pouvoir retourner dans leurs pays respectifs.Autres villes utiliséesD'autres localités du Somme comme Corbie et Albert servaient également de zones de repos pour les troupes anglo-saxonnes présentes dans le département.Échelle du mouvementDes dizaines de milliers de soldats ont transité par Amiens, utilisant la ville comme centre de détente et de préparation avant le retour aux combats.
- L'atelier de camouflage de l'armée françaiseComposition de l'équipeL'équipe de camouflage installée à Amiens comprenait des peintres, charpentiers, décorateurs de théâtre, des civils, et même des prisonniers allemands.Objectifs des travaux• Fabrication de filets pour dissimuler les sites stratégiques de l'aviation allemande • Création de fausses positions pour tromper l'ennemi • Constructions diverses destinées à perturber le renseignement allemand • Adaptation du camouflage au terrain d'utilisationProcessus de fabricationQuand une position au nord avait besoin d'être camouflée, la demande parvenait à l'atelier d'Amiens où l'équipe concevait et fabriquait le camouflage adapté au terrain spécifique.Importance stratégiqueCet atelier apparemment étrange était vital pour le front, où des hommes et des femmes d'Amiens contribuaient directement à l'effort de guerre.
- La prison militaire du Beffroi d'AmiensUtilisation du monumentLe Beffroi d'Amiens, monument du 15e siècle, servait de prison pour les soldats alliés ayant excessivement apprécié l'hospitalité des habitants d'Amiens.La cellule australienneUne cellule du Beffroi était spécifiquement désignée comme "cellule australienne" et porte toujours ce nom aujourd'hui.Activités des prisonniers• Les soldats gravaient des graffitis sur les murs de pierre ancienne • Certains créaient des bas-reliefs miniatures • Les marques des soldats anonymes restent visibles dans l'ombre des cellules • Les armoiries australiennes sont gravées en relief dans la pierreTémoignages gravésCes graffitis représentent des marques laissées par les soldats à travers les âges, certaines montrant plus de talent artistique que d'autres.
- Protection de la cathédrale Notre-Dame d'AmiensLeçons de Reims• En 1914, le bombardement allemand avait endommagé la cathédrale de Reims • La cathédrale avait pris feu et le toit de plomb avait fondu • Les gargouilles semblaient vomir du plomb en fusion • L'Ange Souriant de la façade avait été décapité • Ce désastre devint un outil de propagande montrant la barbarie de l'ennemiMesures de protection• À partir de 1915, la cathédrale et son portail disparurent derrière des montagnes de sacs de toile envoyés depuis Flixecourt • Les sacs provenaient de l'usine de sacs de jute de la famille Saint • Les sacs étaient remplis d'argile pour protéger les bâtiments des bombes et des obus • La même technique était utilisée à l'intérieur, où civils et soldats venaient prier dans l'ombreSystèmes de sécurité incendieDes systèmes anti-incendie furent rapidement installés : des murs coupe-feu, des tuyaux et des pompes dans la cathédrale elle-même pour réagir immédiatement à tout danger.Témoins d'époqueUn extincteur installé en 1915 sous le toit de la nef est toujours présent aujourd'hui, rappelant ces mesures de protection exceptionnelles.
- L'Ange Pleurant et les reliques de la cathédraleL'Ange PleurantDatant du 17e siècle, cet élément symbolique de la cathédrale a été retiré pour safekeeping et remplacé par une réplique en plâtre pour préserver l'identité du bâtiment.Popularité auprès des soldats• Tous les soldats alliés visitant la cathédrale devenaient familiers avec l'Ange Pleurant • Des cartes postales le représentant étaient vendues • Ces cartes postales étaient très populaires auprès des Anglo-Saxons • L'Ange Pleurant d'Amiens a été envoyé partout dans l'Empire britanniqueHommages aux défenseursPendant l'offensive de 1918, les Allemands ont bombardé la ville et ont tenté de la prendre, causant la mort de milliers d'hommes qui l'ont défendue.Commémoration actuelleLa chapelle du Sacré-Cœur affiche les drapeaux de toutes les nations qui ont participé à la protection de la ville, et des plaques commémorent le sacrifice de ceux qui sont tombés.
- Sauvegarde des collections artistiques et archivesLe Musée de PicardieLe musée renfermait des collections précieuses qu'il aurait été impensable d'abandonner aux bombardements, incluant des décors muraux de Puvis de Chavannes.Opération d'évacuation• Les œuvres ont été soigneusement retirées avant les premiers bombardements • Les décors de Puvis de Chavannes ont été prélevés des murs avec grand soin • Les articles ont été envoyés dans différentes villes pour plus de sécurité • L'évacuation s'avéra judicieuse : le musée subit des dégâts graves en 1918 et une aile entière a été détruiteSauvegarde des archivesLes archives de la ville d'Amiens, précieuses et irremplaçables, ont été emportées en lieu sûr pour préservation.Réquisition des locauxLes salles vides ne sont restées vacantes que peu de temps : l'hôtel de ville devint quartier général militaire et infirmerie, mis à disposition des régiments défendant la ville.
- Reconstruction d'Amiens en style Art décoTémoins de la reconstructionLa ville porte de nombreux rappels de la période de destruction et de reconstruction qui a suivi la guerre.Travaux des frères DuthoitAprès la guerre, les frères Duthoit ont contribué à la reconstruction d'Amiens en style Art Déco, notamment rue Ernest Cauvin.Rénovation du Cirque Jules Verne• Le cirque avait été bombardé et avait failli brûler • Une partie importante du bâtiment avait été détruite • La réparation d'une des marquises endommagées, originellement conçue par l'ingénieur Riquier et les ateliers Eiffel, n'a été achevée que 2017 • Deux lustres du hall d'entrée avaient disparu dans les bombardements, un d'eux retrouvé plus tard au Canada dans une collection privéeMarques durablesD'autres rues portent également les stigmates du conflit, rappelant constamment les sacrifices de la Grande Guerre.
- Rue des Otages et occupation allemande de 1914Nom significatifLa rue des Otages doit son nom à la période difficile de la guerre, rappelant un moment particulièrement douloureux pour la communauté locale.Occupation initiéeLors de leur brève occupation d'Amiens en 1914, les Allemands ont pris des otages parmi la population civile.Enlèvement de civilsParmi les otages se trouvaient des conseillers municipaux d'Amiens, qui ont été enlevés par les forces d'occupation.Mémoire localeCette rue porte aujourd'hui le témoignage de cette période sombre, servant de rappel permanent aux habitants des violences et exactions commises durant l'occupation.
- Les souterrains de Naours et refuge souterrain préhistoriqueOrigines historiquesLe Somme avait déjà connu des invasions militaires avant la Grande Guerre, ce qui avait poussé les habitants à apprendre à se réfugier souterrainement.Les "mûches" souterraines• "Mûche" est un mot picard signifiant abri souterrain • C'était un refuge face à l'arrivée imminente d'ennemis • À Naours, ces abris forment une ville souterraine creusée à 33 mètres sous la colline • Ces galeries souterraines incluaient des salles pour les familles, des écuries pour le bétail, et des puits de ventilation dissimulésÉquipements de survieLes souterrains contenaient tout ce dont les habitants avaient besoin pour survivre à un siège ou une invasion sans pouvoir sortir à la surface.Utilisation paradoxaleParadoxalement, la ville souterraine n'a pas servi d'abri durant la Grande Guerre mais plutôt de lieu de loisir pour les soldats en congé ou convalescence.
- Naours comme attraction touristique pour soldats et graffitis historiquesVisite de loisirLes soldats stationnés autour de Naours apprenaient l'existence de cette curieuse ville souterraine et organisaient des excursions pour jouer aux touristes avant de retourner au front.Graffitis des soldats• L'archéologue Gilles Prilaux a découvert près de 3 000 exemples de graffitis gravés par les soldats • Ces inscriptions incluaient souvent des noms et des dates • Les graffitis permettent de retracer la vie de certains soldats • Près de 300 de ces hommes ont pu être identifiés grâce à des recherches archéologiques récentesMotif des inscriptionsLes graffitis représentaient peut-être une façon pour les soldats de s'assurer qu'ils ne seraient pas oubliés.Respect du patrimoineOn est invité à ne pas ajouter de nouveaux graffitis, mais à se souvenir qu'un siècle auparavant, des hommes, longtemps décédés, occupaient ce même espace.
- La ferme Thuillier de Vignacourt et ses photographies de guerreLes photographes pionniersLouis et Antoinette Thuillier exploitaient une ferme à Vignacourt. Louis était photographe amateur passionné qui avait acquis une caméra avant la guerre et l'avait apprise en autodidacte.Transition vers activité commerciale• Blessé à la guerre, Louis est revenu à la ferme • Il a réalisé que la vie à l'arrière offrait de nombreux sujets photographiques • Il a enseigné à sa femme à utiliser la caméra • Ensemble, ils ont commencé à photographier civils et soldats, français et étrangersStudio de portraits militairesIls ont transformé leur hobby en affaire en proposant des portraits de soldats que ceux-ci pouvaient envoyer à leurs familles, utilisant un drap peint comme décor de studio.Héritage historique• Presque 4 000 photographies documentent les soldats de la Grande Guerre • Ces images aident à mettre des visages sur les noms de ceux impliqués dans le conflit • Les photos racontent les histoires d'individus pris dans la grande Histoire • La collection Thuillier est conservée au Centre d'Interprétation de Vignacourt, ouvert en avril 2018
- Histoire du mariage Pécourt-Hartley et vie à l'arrière pour les AllemandsRomance de guerreLes Thuilliers ont immortalisé le mariage Pécourt-Hartley : la mariée Simone Marie Pécourt de Vignacourt et le capitaine Harry Hartley, ingénieur anglais émigré en Australie et rappelé par la guerre en Europe.Après-guerre et destinée• Le mariage a eu lieu en 1918 et Harry a survécu à la guerre • Il s'est installé à Amiens où il a cofondé une entreprise de pneus avec un associé • Lui et Simone y ont résidé jusqu'à 1940 • Ayant survécu à la Première Guerre mondiale, Harry n'a pas vu la fin de la Seconde : il a été tué lors d'une évacuationVie allemande à l'arrièreLes soldats allemands avaient aussi des lieux où vivre quand ils n'étaient pas au front, comme en témoigne l'occupation de dix départements français.Accessibilité de la collectionCette histoire et beaucoup d'autres sont disponibles à travers la collection Thuillier au Centre d'Interprétation de Vignacourt, permettant de voir la guerre à travers les gens plutôt que par les batailles.
- Vie des soldats allemands en zone occupée et commandement allié unifiéContexte d'occupationLe Somme était l'un des dix départements français occupés par l'Allemagne. Péronne était la plus grande ville occupée du Somme, envahie par les Allemands en 1914 avec presque 7 000 hommes restant sur place, souvent billonnés de force dans les foyers locaux.Besoins similaires mais réalité différente• Les soldats allemands avaient également besoin de repos, divertissement, camaraderie, deuil et pratique religieuse • Cependant, ils vivaient parmi une population ayant perdu des proches à la guerre • Des civils d'autres villes avaient fui l'invasion et se trouvaient prisonniers à Péronne • Le contact avec les locaux était relativement difficile, surtout au début de la guerreComplications socio-économiques• Le travail forcé, réquisitions et pénuries graves compliquaient les relations • Les horloges avaient été avancées d'une heure pour correspondre à l'heure de Berlin plutôt que de Paris • Cependant, avec le temps, une routine s'établit et les gens apprirent à vivre sous occupation • Les commerçants réalisèrent que les soldats étaient souvent leurs meilleurs clients et la prostitution prospéraRelations et sécurité• Des amitiés et même des amours se sont parfois formées entre soldats et civils, bien que marginales et complexes • La propagande allemande tentait de montrer ces relations détendues • Pour les Allemands, être à l'arrière était moins reposant : ils devaient se méfier de la population • L'espionnage, les réseaux d'évasion et autres démonstrations d'hostilité restaient omniprésents





