
La grande inondation de Mélasse de Boston - Les grandes Catastrophes #2
6 chapters
- Introduction et contexte de la mélasseAccroche narrativeLe narrateur établit un parallèle entre les cauchemars et la réalité en imaginant des scénarios catastrophiques comme une montagne de chocolat ou un raz-de-marée de sucre.Définition de la mélasse• Liquide sucré et sirupeux de teinte brunâtre • Obtenue en raffinant du sucre à partir de la canne à sucre ou de la betterave sucrière • Utilisée comme édulcorant ou pour fabriquer de l'alcool au début du 20e siècleLien avec les explosifsL'alcool industriel tiré de la mélasse permet de fabriquer de grandes quantités d'explosifs, ce qui a stimulé le marché pendant la Première Guerre mondiale.Création du réservoirLa Purity Distilling Company, filiale de l'United States Industrial Alcohol Company, construit un réservoir à Boston au 529 de Commercial Street en réponse à la forte demande causée par la guerre.
- Construction défaillante et négligencesSpecifications du réservoirDimensions de 50 par 90 pieds, soit plus de 15 mètres de haut pour environ 27 mètres de diamètre, capable de contenir 9,4 millions de litres, équivalent à plus de 3 piscines olympiques.Incompétence managériale• Arthur Jell, responsable des travaux, n'a aucune expérience ni formation dans le domaine • Il est incapable de lire correctement les plans • Il ne suit pas la feuille de route établieTests de sécurité ignorésLes tests de sécurité obligatoires ne sont pas effectués, notamment le remplissage d'eau préalable pour détecter les fuites. Les délais de construction sont réduits à seulement 2 mois pour accueillir rapidement la première livraison.Tentative de dissimulationLorsque des fuites sont découvertes après la première livraison de mélasse, la compagnie peint le réservoir en brun pour masquer les coulures, au lieu de réparer le problème.
- Avertissements ignorés et accumulation de risquesExploitation des fuitesLes habitants du quartier placent des casseroles au pied de la structure pour récolter de la mélasse gratuitement à des fins culinaires.Lanceurs d'alerte• Un employé de la compagnie dénonce la structure défaillante du réservoir • H.M. Dorley, habitant du quartier, publie dans le Boston Post qu'il avait prévu la catastrophe plus de trois ans en avance • Tous ces avertissements sont ignorésFaux sentiment de sécuritéL'absence de catastrophe pendant des années crée un biais psychologique : on suppose que si la structure a tenu aussi longtemps, elle continuera à tenir, sans tenir compte de l'usure progressive.Conditions météorologiques critiquesL'hiver 1919 arrive avec des températures rigides atteignant environ -17° le 12 janvier. Le 15 janvier, une nouvelle livraison de 2,27 millions de litres porte le réservoir à 8,7 millions de litres, près de sa capacité maximale.
- La rupture et la vague catastrophiqueMoment déclencheurLe 15 janvier à 00h30, après une amélioration brutale de la température à 4°, plusieurs résidents entendent un grondement sourd. Les rivets du réservoir sautent en rafale comme une mitrailleuse.Caractéristiques de la vague• 8,7 millions de litres de mélasse forment une vague de 4,5 mètres de haut • La vague fonce à 56 km/h, dépassant la vitesse maximale d'Usain Bolt de 43 km/h • Elle écrase tout sur son passage : humains, chevaux, véhicules et infrastructuresTémoignages de survieLe policier Frank MacManus saute dans une rue adjacente pour échapper à la vague. Martin Clougherty, réveillé dans sa maison, se retrouve dans une profondeur de mélasse telle qu'il croit être tombé dans le fleuve. Mary Musco voit la maison de Clougherty s'envoler dans les airs.Ampleur des dégâtsDans un rayon de 60 à 75 mètres autour du réservoir, les bâtiments sont renversés, endommagés ou disparus. Des cadavres flottent dans 60 à 90 centimètres de mélasse. Le chemin de fer surélevé est endommagé et l'un des wagons soulevé des rails.
- Opérations de sauvetage et bilanMobilisation des secours• 116 marins de l'USS Nantucket sécurisent la zone en premier • Policiers, pompiers, femmes de la Croix Rouge et volontaires arrivent ensuite • Un hôpital improvisé est monté pour traiter les blessésDéfis du sauvetageLe froid solidifie progressivement la mélasse, créant des obstacles de 50 centimètres qui empêchent tout mouvement. Les recherches de survivants s'étendent sur 4 jours en raison de ces conditions extrêmes.Dégâts matériels et humains• 21 morts et 150 blessés • Dégâts matériels s'élevant à environ 500 000 dollars de l'époque, soit presque 8 millions d'euros • 300 travailleurs embauchés pour remettre la zone en étatNettoyage et héritageDes pompes à eau salée sont utilisées pour éliminer la mélasse. L'eau du port reste brunâtre jusqu'à l'été. L'odeur sucrée imprègne le quartier pendant plusieurs semaines, donnant naissance à une légende locale affirmant que l'odeur réapparaît par temps chaud.
- Enquête, responsabilités et conclusionFacteurs contributifs• Délais de construction de 2 mois seulement pour profiter de la guerre • Responsable du projet non qualifié causant une mauvaise facture de la cuve • Négligence des tests de sécurité obligatoires et des problèmes de fuite identifiés • Brusque changement de température et possible fermentation interne augmentant la pressionStratégie de défenseLa compagnie accuse les anarchistes, en se basant sur le contexte de violents attentats anarchistes italiens et bolchéviques de l'époque, y compris l'attaque à Wall Street en 1920 qui fit 38 morts.Jugement et condamnationEn avril 1925, la United States Industrial Alcohol Company est jugée responsable pour mauvaise construction et négligence. Elle verse 628 000 dollars de dommages et intérêts, soit presque 9 millions d'euros actuels. Le réservoir n'est jamais reconstruit.Réformes et enseignements• Les ingénieurs de ce type de chantier doivent désormais être certifiés • Les constructions sont réglementées • Des zones à risque sont définies dans les zones peuplées où on ne peut plus construire • Cette catastrophe force le gouvernement américain à imposer des restrictions aux grandes entreprises





