Contemporary era/Staline VS Tito : Histoire de la Yougoslavie
Staline VS Tito : Histoire de la Yougoslavie

Staline VS Tito : Histoire de la Yougoslavie

Nota Bene20 minAug 3, 2020
7 chapters
  • Origines et formation de la Yougoslavie(0'323'04)
    La Yougoslavie est la matérialisation d'un rêve formulé au XIXe siècle par des intellectuels croates souhaitant réunir les populations Slaves du Sud pour contrecarrer l'influence de l'Empire Austro-Hongrois.
    • Bulgares • Croates • Macédoniens • Monténégrins • Serbes • Slovènes
    Le 1er décembre 1918, un royaume des « Serbes, Croates et Slovènes » est proclamé avec à sa tête le roi Pierre Ier, mais le régime est centralisé à Belgrade et favorise les Serbes au détriment des autres peuples.
    • Difficultés de cohabitation entre populations sans langue, religion ni alphabet communs • Assassinat de plusieurs députés au Parlement le 20 juin 1928 • Suspension de la constitution en 1934 par le roi Alexandre Ier • Renaming en « Royaume de Yougoslavie » en 1929
  • Yougoslavie pendant la Seconde Guerre mondiale(3'045'21)
    Le 6 avril 1941, Adolf Hitler lance une offensive rapide et brutale contre la Yougoslavie. Après un bombardement dévastateur sur Belgrade, le pays capitule officiellement le 17 avril et son territoire est partagé entre les vainqueurs.
    • Les Tchetniks menés par le colonel Dragoljub Mihajlovic défendent une Yougoslavie monarchiste dominée par les Serbes • Les Partisans menés par Josip Broz Tito défendent une vision marxiste et fédérale de la Yougoslavie
    Après plusieurs années de lutte acharnée, les Partisans parviennent à arracher la victoire et le 29 novembre 1945, proclament la « République populaire fédérative de Yougoslavie ».
    • Près d'un million de morts • 20 % des habitations détruites • 50 à 60 % des installations agricoles et industrielles détruites • Le Parti Communiste Yougoslave devient l'unique gagnant
  • Yougoslavie satellite soviétique (1945-1948)(5'219'02)
    • Libération sans intervention significative de l'Armée Rouge contrairement aux autres démocraties populaires • Absence de troupes soviétiques stationnées en 1945 • Élimination des opposants politiques par Tito rendant l'État autonome
    • Constitution calquée sur le modèle soviétique de 1936 adoptée le 31 janvier 1946 • Premier plan quinquennal en Europe orientale (1947-1951) prévoyant un bond rapide de l'industrie lourde • Culte de la personnalité porté à Staline et Tito • Engagement dans le « réalisme socialiste » pour les arts
    La Yougoslavie devient le champion du communisme pur et dur, en tête du peloton des satellites soviétiques et se targuant d'être plus intransigeante que les autres pays d'Europe orientale.
    Staline reproche à Tito de brûler les étapes en politique intérieure, de jouer les incendiaires sur la scène internationale et craint qu'il ne devienne un rival plutôt qu'un subordonné.
  • Rupture soviéto-yougoslave (1948)(9'0212'26)
    • Février 1948 : désaccord sur le projet de fédération balkanique • 19 mars : rappel des conseillers militaires soviétiques de Yougoslavie • 27 mars : publication d'une lettre de Staline et Molotov énumérant les griefs contre Tito
    Les Soviétiques accusent la Yougoslavie de chauvinisme, d'exploitation économique, affirment que le socialisme en URSS a cessé d'être révolutionnaire et comparent Tito à Trotski, allusion à l'assassinat du rival de Staline.
    Tito prend les devants en purgeant 36 000 fidèles au Kremlin dont trois généraux sur lesquels l'URSS comptait pour conduire un putsch.
    Le 28 juin 1948, le Kominform publie une déclaration condamnant la déviation yougoslave. Cette rupture est davantage une affaire de stratégie politique qu'idéologique.
  • Conséquences et réorientation (1948-1953)(12'2615'02)
    • Isolement total et durcissement idéologique du régime • Maintien du modèle stalinien avec nationalisations et planifications administratives jusqu'en 1951 • Effondrement de la production, raréfaction des denrées, multiplication des pénuries • Blocus économique total organisé par l'URSS depuis 1949
    En 1950, les dirigeants yougoslaves théorisent qu'il n'existe pas de voie unique vers le socialisme et que chaque parti communiste est libre de choisir la sienne selon ses aspirations nationales.
    • Introduction du concept d'autogestion (Samouprava) : prise en main des moyens de production par les travailleurs • Renforcement des pouvoirs des conseils ouvriers par rapport à la bureaucratie • Développement des compétences municipales et républicaines aux dépens de la fédération • Trois mots d'ordres : démocratisation, décentralisation, désétatisation
    Le Parti Communiste Yougoslave prend le nom révélateur de « Ligue des Communistes de Yougoslavie » en 1952, marquant sa nouvelle orientation.
  • Essor économique et positionnement international(15'0216'50)
    • Essor exceptionnel dans le domaine économique • Efforts majeurs en matière de santé et d'éducation • Augmentation majeure du niveau de vie des populations • Amélioration temporaire des relations après la mort de Staline le 5 mars 1953
    En avril 1955, Tito est sensibilisé à l'émergence politique du Tiers-Monde lors de la conférence de Bandung et noue des liens d'amitié personnels avec le premier ministre indien Nehru et le président égyptien Nasser.
    • Fondation autour de Tito, Nehru et Nasser • Première conférence à Belgrade en septembre 1961 • Rejet de la logique d'affrontement des blocs USA/URSS • Promotion de la coexistence pacifique
    Le Mouvement des Non Alignés confère un immense prestige international à la Yougoslavie pendant près de 25 ans. Les fréquents voyages de Tito rendent sa popularité planétaire et font connaître la spécificité unique du pays.
  • Impact global du schisme yougoslave(16'5020'19)
    Le cas yougoslave fait voler en éclat la vision bipolaire du monde d'après-guerre au moment où la Guerre Froide s'impose. Le schisme survient lors des premiers instants de la Guerre Froide.
    Pour les Occidentaux, la Yougoslavie est une anomalie, une bizarrerie communiste avec laquelle il est possible de communiquer, malgré l'étoile rouge sur son drapeau et son vocabulaire marxiste.
    Pour Moscou et les démocraties populaires, le schisme yougoslave est une honte et un scandale politique remettant en cause le fonctionnement hiérarchique implicite du monde communiste.
    • La question du polycentrisme devient un enjeu majeur pour Moscou dans les décennies à venir • Aboutit aux dissidences albanaise (1961) et chinoise (1960-1964) • Marque un événement capital de la seconde moitié du XXe siècle