Époque contemporaine/Le temps béni des colonies ?
Le temps béni des colonies ?

Le temps béni des colonies ?

Nota Bene12 min17 févr. 2017
6 chapitres
  • L'introduction et le contexte politique de 2017(0'002'00)
    Le vidéaste ne traite pas directement de la colonisation mais de l'utilisation politique qu'on en fait dans le discours politique français.
    • Condamne la colonisation comme un crime contre l'humanité • Affirme que c'est inadmissible de la glorifier • Appelle à regarder ce passé en face et à présenter des excuses
    • François Fillon défend le partage de la culture française • Florian Philippot souligne les routes, écoles et hôpitaux laissés par la France • Éric Woerth qualifie les propos de Macron d'irresponsables
    Deux visions irréconciliables de la colonisation s'affrontent : une qui la condamne, une autre qui en souligne les aspects positifs.
  • Les contradictions de Macron et l'analyse des déclarations(2'005'16)
    En novembre 2016, Macron tenait un discours radicalement opposé, parlant d'éléments de civilisation et de richesses créées par la colonisation en Algérie.
    Macron cherche à élargir son électorat en adaptant son discours selon les audiences, oscillant entre positions de gauche et de droite.
    Macron affirme que la colonisation a créé un État algérien, alors qu'en réalité c'est la décolonisation qui a permis l'émergence de l'État algérien indépendant.
    On ne peut pas peser torture et violences contre création d'infrastructures : ce sont des éléments indissociables d'une appropriation illégitime par la force.
  • Le discours de Dakar de Sarkozy et ses justifications(6'158'27)
    Sarkozy déclare que l'homme africain n'est pas encore entré dans l'histoire et vit dans la nostalgie du passé sans faire place à l'idée de progrès.
    On reproche à l'Afrique de trop se tourner vers le passé, alors que ce sont les puissances européennes qui ont extrait ses richesses.
    Henri Guaino, rédacteur des discours de Sarkozy, argue que l'héritage colonial inclut aussi les droits de l'homme et l'égalité hommes-femmes, reprenant les justifications classiques de l'époque coloniale.
    Guaino prétend que sa phrase s'inspire d'Aimé Césaire, mais ce dernier s'adressait à des penseurs africains cherchant à se libérer de l'influence occidentale, dans un contexte totalement différent.
  • Cadre juridique et la question des excuses(8'2710'04)
    La colonisation ne peut pas être légalement qualifiée de crime contre l'humanité car le système judiciaire français a amnistié cette période après la Guerre d'Algérie.
    C'est davantage une question morale que juridique : le reproche porte sur les massacres, tortures et exécutions qui n'ont pas été comptabilisés dans la définition du crime contre l'humanité.
    Aucun président français n'a jamais présenté d'excuses officielles à l'Algérie et aux peuples colonisés, contrairement aux excuses du président Chirac en 1995 pour le rôle de l'État français dans la déportation des Juifs.
    Les politiques qui refusent de se culpabiliser avec le passé exigent simultanément d'ajouter le terme positif à la colonisation, ce qui révèle une contradiction fondamentale.
  • La dimension générationnelle et conclusion(10'0412'32)
    Il a fallu attendre 1995, soit 50 ans après la Seconde Guerre mondiale, pour qu'un chef d'État reconnaisse la responsabilité française dans la déportation des Juifs.
    La génération ayant vécu les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale trouvait honteux de s'excuser, alors que Macron, à 38 ans, exprime ce qui doit être une évidence pour la jeunesse.
    • La jeunesse et une partie de la classe politique vivent un profond décalage • Les positions de Macron soulèvent embarras à gauche, protestation à droite et virulence à l'extrême droite
    C'est à la génération qui n'a pas connu la Guerre d'Algérie de prendre les choses en main, d'affronter cette histoire douloureuse et d'y faire face sans glorifier un camp ou l'autre.