
Ces résistants se font trahir ! - Musée de l'Homme
6 chapitres
- Origines du Musée de l'Homme et contexte politiqueCréation du muséeLe Musée d'ethnographie du Trocadéro est créé en 1878 suite à l'exposition universelle de Paris pour regrouper les collections provenant des missions d'exploration et des colonies.Défis institutionnels• Bagarres administratives et rivalités scientifiques • Manque de subventions chronique • Transformation en cabinet de curiosités malgré les efforts scientifiquesRepositionnement de 1938Le musée d'ethnographie est déplacé au Palais de Chaillot et rebaptisé Musée de l'Homme, sous la direction de Paul Rivet qui affirme : 'L'humanité est un tout indivisible, non seulement dans l'espace, mais aussi dans le temps'.Positionnement antifasciste• Paul Rivet fonde le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes en 1934 • Il accueille des réfugiés allemands au musée • Position clairement hostile à l'idéologie nazie dès 1938
- Les premiers actes de résistance du muséeGeste symboliqueLe 10 juin 1940, Paul Rivet affiche une traduction du poème 'If' de Rudyard Kipling au musée : 'Tu seras un homme, mon fils', un acte de défiance alors que Paris vient d'être occupée.Engagements politiques• Lettre au maréchal Pétain le 14 juillet 1940 déclarant 'Le pays n'est pas avec vous, la France n'est plus avec vous' • Envoi de plusieurs autres lettres au maréchal malgré les dangers • Refus de quitter la France malgré les suggestions d'exodeTransition vers l'actionPaul Rivet comprend que les lettres et les poèmes ne suffisent pas et qu'être intellectuel ne signifie pas être opposé à l'action concrète.Préparation du réseauLe musée devient un refuge pour les opposants au régime nazi, notamment Boris Vildé qui y arrive blessé et épuisé le 5 juillet 1940 après son évasion d'un camp de prisonniers.
- Formation et organisation du réseau de résistanceFondateurs du réseau• Boris Vildé, ethnologue et linguiste, mobilisé puis évadé d'un camp de prisonniers • Yvonne Oddon, bibliothécaire au musée consciente du danger que représentent les fascistes pour les livres et l'instruction • Anatole Lewitsky, réfugié russe ayant fui le totalitarisme soviétique, ancien aspirant officierStructure et fonctionnementLe réseau intitulé 'Comité National de Salut Public' est mis en place en août 1940 sans structure hiérarchique militaire stricte, utilisant des discussions littéraires comme couverture pour ses réunions secrètes.Activités principales• Aide à l'évasion de prisonniers avec faux papiers et passeurs • Acheminer les évadés vers l'Angleterre • Recrutement d'environ 100 personnes dans le réseau • Établissement de contacts avec d'autres groupes de résistanceExpansion du mouvementLe réseau prend contact avec des Français résignés à lutter dans d'autres secteurs pour accroître sa capacité à combattre l'occupant, organisant des rencontres secrètes pour coordonner l'action.
- Propagande et renseignement clandestinTracts et revue clandestine• Distribution de tracts en août 1940 • Lancement le 15 décembre 1940 du premier numéro de la revue clandestine 'Résistance' • Publications s'opposant à la propagande allemande et au régime de VichyPhilosophie de la résistanceBoris Vildé écrit : 'Résister, c'est déjà garder son cœur et son cerveau. Mais c'est surtout agir, faire quelque chose qui se traduise en faits positifs, en actes raisonnés et utiles'.Approche précurseureLe réseau du Musée de l'Homme appelle non seulement à s'opposer à l'occupant mais à véritablement faire avancer une cause dans les faits et les actes, marquant ainsi une approche novatrice de la résistance.Renseignements aux AlliésDes informations sur les activités allemandes à Paris et partout où le réseau a des yeux et des oreilles sont acheminées clandestinement à Londres pour informer les Alliés.
- Infiltration, arrestations et procèsDécouverte par les AllemandsL'Abwehr, le service de renseignements allemand installé à l'hôtel Lutetia, apprend l'existence du réseau de résistance au Musée de l'Homme grâce à un agent qui découvre les journaux clandestins, les évasions et les informations envoyées à Londres.Le traître Albert GaveauAlbert Gaveau, l'homme de confiance de Boris Vildé et responsable des opérations clandestines du réseau, dénonce ses camarades aux Allemands entre février et mars 1941, condamnant ainsi plusieurs membres du réseau.Arrestations principales• Anatole Lewitsky arrêté entre février et mars 1941 • Yvonne Oddon arrêtée entre février et mars 1941 • Boris Vildé arrêté entre février et mars 1941 • Paul Rivet échappe aux arrestations en quittant la France en février 1941 pour rejoindre la France LibreSentencing du 17 février 1942• L'affaire du Musée de l'Homme implique 19 accusés • 6 obtiennent un non-lieu • 3 sont condamnés à la prison • 10 sont condamnés à mort, incluant Boris Vildé, Anatole Lewitsky et leurs camarades
- Exécutions, déportations et héritageExécutions et déportations• Boris Vildé fusillé le 23 février 1942 au Mont-Valérien • Anatole Lewitsky exécuté aux côtés de Vildé • Yvonne Oddon épargnée du peloton en tant que femme, mais condamnée à la déportation à Ravensbrück • Germaine Tillion arrêtée le 13 août 1942 à la gare de Lyon et déportée à RavensbrückContribution scientifiqueGermaine Tillion, ethnologue jusqu'au bout, documente le fonctionnement du système concentrationnaire nazi durant sa captivité à Ravensbrück, apportant ainsi une contribution précieuse aux sciences humaines et à la compréhension de cette période.Reconnaissance posthume• Boris Vildé et Anatole Lewitsky décorés à titre posthume de la médaille de la Résistance par le général de Gaulle le 3 novembre 1943 • Le réseau devient un véritable exemple de résistance sans attendre • Yvonne Oddon et Germaine Tillion survivent et retournent en France en 1945Destin du traître• Albert Gaveau s'enfuit en Allemagne pour échapper à la libération • Il tente de revenir en France discrètement après la guerre pour reprendre une carrière de comptable • Il est identifié, arrêté et condamné à la prison à perpétuité, peine commuée en 20 ans de travaux forcés • Germaine Tillion décède en 2008 à 101 ans et entre au Panthéon le 27 mai 2015





