
L'incroyable assaut de la résistance - Bataille de Mont Gargan (1944)
5 chapitres
- Introduction et contexte du LimousinPrésentation généraleLa bataille du Mont-Gargan est l'une des rares batailles rangées entre maquisards et troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, contredisant l'image courante de la résistance comme uniquement clandestine.Géographie régionale• Région rurale composée de bourgs de quelques centaines d'habitants • Terrain très vallonné couvert en grande partie de forêts • Traversée par la RN20 reliant Toulouse à Paris, axe stratégique crucial après le 6 juin 1944Situation militaireLes autorités allemandes ne stationnent qu'un millier d'hommes en Limousin, comptant sur la milice de Vichy pour contrôler cette région a priori sans grande importance stratégique.Contexte politiqueLe Limousin est profondément ancré à gauche depuis le début du XXe siècle, ce qui rend la région immédiatement hostile au régime de Vichy dès son instauration.
- Émergence et organisation de la résistance limousinePremières actions• Edmond Michelet fait circuler des tracts contre la capitulation à Brive avant même l'armistice du 22 juin 1940 • Emergence d'un des premiers maquis de France dès 1941 • Deux organisations résistantes : l'Armée Secrète en Corrèze et les FTP (Franc-Tireurs et Partisans)Figure centraleGeorges Guingouin, instituteur communiste, diffuse un appel à la résistance dès août 1940 et prend le maquis en février 1941, se déplaçant constamment dans les bourgs alentours.Stratégie opérationnelle• Vol de tickets de rationnement et de tampons officiels pour produire des faux • Sabotage systématique des véhicules servant à réquisitionner les denrées alimentaires • Destruction de lignes ferroviaires et d'usines servant l'effort de guerre • Fixation du prix du blé pour éviter le marché noirReconnaissanceGuingouin, surnommé « le préfet du maquis » puis « Lo Grand » (le grand en occitan), est fait colonel lors de la création des Forces Françaises de l'Intérieur en 1943.
- Le débarquement et escalade des hostilitésOrdre de missionLe 6 juin 1944, les maquisards du Limousin reçoivent l'ordre de freiner la progression des forces allemandes remontant vers le front nord du pays.Représailles allemandesLa division SS « das Reich » est harcelée par les résistants lors de sa traversée. En représailles, elle massacre 642 habitants du village d'Oradour-sur-Glane le 10 juin, le plus important massacre de civils en France pendant la guerre.Préparation allemande• Début juillet 1944, la brigade allemande « Jesser » est envoyée pacifier la région • 5 000 hommes au total : 2 500 de la brigade Jesser renforcée par des unités allemandes et des miliciens locauxPositionnement stratégiqueLes FTP installent leur poste de commandement à Sussac au pied du Mont-Gargan, avec Saint-Gilles-les-Forêts comme planque. Les 11 et 12 juillet, l'aviation allemande bombarde Sussac.
- Les opérations aéroportées et début des combatsParachutage alliéLe 14 juillet, les Américains parachutent 490 containers contenant des armes automatiques, des munitions, du matériel médical et autres équipements près de Sussac.Enjeu critiqueIl est impensable pour les FTP que les Allemands mettent la main sur ce parachutage. Le pont sur la voie ferrée arrivant au Mont-Gargan est détruit le 15 juillet pour freiner l'avancée ennemie.Premières actions• Le 17 juillet, une colonne allemande marchant sur Sussac est mitraillée et subit de lourdes pertes • Les résistants lancent une contre-attaque avec une automitrailleuse capturée, arrêtant l'avancée allemande • Du 18 au 20 juillet, les résistants tiennent leurs positions devant l'assaut frontalRetraite tactiqueLes résistants sont forcés de reculer et se réfugient vers les hauteurs du Mont-Gargan. La colonne Jesser entre dans Sussac le 20 juillet après 4 jours de combats, le matériel parachuté ayant été évacué.
- Dénouement et victoire des résistantsSituation inverséeBien que la colonne Jesser occupe le PC des FTP, son avancée a renversé la situation d'encerclement et ses arrières ne sont plus sous contrôle allemand.Résistance persistante• Les résistants se déplacent librement autour de Sussac les 21 et 22 juillet • Les forces allemandes tentent de ratisser les environs mais se heurtent aux résistants • Une dernière poussée vers le nord-est est lancée sans succèsBilan de la bataille• Côté FTP : 38 morts, 5 disparus, 54 blessés • Côté allemands : 342 morts ou blessés • La colonne Jesser quitte la région vers le Nord le 24 juillet, harcelée durant tout son trajet • Le matériel militaire a été entièrement évacuéConséquencesLa région est progressivement libérée par les maquisards. Guingouin obtient la reddition de Limoges le 21 août. Sans cette victoire, il n'est pas certain que la garnison se serait rendue aussi facilement.





